Directeur de mémoire: Evelyne BOUTEYRE.
UNIVERSITE PARIS V - RENÉ DESCARTES, INSTITUT DE PSYCHOLOGIE
Mémoire de maîtrise de psychopathologie (2001/2002)
L'espace habité est un territoire privé et personnalisé qui est occupé de façon stable et assure une fonction d'intimité à ses occupants. Le logement joue un rôle essentiel dans le retrait des individus de la sphère publique et sa fonction principale est le refuge personnel. Ce territoire privé < constitue pour le couple procréateur un point fixe permettant l'orientation dans l'espace. Ce qui est territoire pour les parents devient racines pour les enfants. La qualité de ce lieu privilégié constitue une condition essentielle d'une bonne structuration de l'espace, réduisant ainsi les risques de délires et d'hallucinations. Et inversement, il explique l'effet pathogène du déracinement, de la déportation ou de la désorientation » Sivadon (1983). La définition de ce territoire personnel indique à quel point il est important pour l'individu d'avoir un logement, un espace privé, où il peut se ressourcer, tout en se maintenant à l'écart de la sphère publique.
Nous supposons dans cette étude que le logement, espace intime qui permet d'être soi, cesse d'être un lieu privilégié lorsque l'individu est confronté dans son intérieur, à des difficultés émanant de l'extérieur. L'hypothèse principale de cette recherche est que des problèmes de voisinages (relationnels, bruits domestiques) peuvent être la cause de manifestations pathologiques (anxiété, dépression, insomnie, dysfonctionnement social) lorsque l'individu ne se sent plus protégé dans son intimité : les intrusions sonores ou les conflits relationnels pourront alors être ressentis comme une violation de l'intimité, et donc de soi.
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L'approche théorique constituera la première partie de notre travail. Au travers d'une description des processus identitaires rattachés au logement et d'une lecture psychologique de la fonction d'habiter, la signification de logement prendra alors tout son sens. Ensuite, nous nous intéresserons au rôle du « chez- soi » et son rapport à l'intimité, puis nous situerons le logement dans le contexte de la collectivité, évoquant ainsi la notion de « voisin » . La signification de santé mentale sera enfin brièvement évoquée afin d'engager la seconde partie de notre étude. Dans celle- ci, nous ferons un point sur les recherches menées en psychologie sociale du logement et aborderons les rares recherches, psychopathologique qui ont trait àl'habitat. La méthodologie de cette recherche a été élaborée de la façon suivante : tout d'abord, nous nous sommes attachés à définir les objectifs et les hypothèses qui sous- tendent le projet initial, puis, après une description des outils utilisés (questionnaire, GHQ- 28, Internet ...), leurs utilités et leurs cotations, nous sommes parvenus aux résultats et à la discussion, permettant ainsi de dégager quelques premiers points de compréhension quant au voisin et à son impact sur la santé mentale.