RELATIONS DE VOISINAGE ET IMPACTS SUR LA SANTE MENTALE.

 

Directeur de mémoire: Evelyne BOUTEYRE.

Lara CAPELLE- FILLION

 

UNIVERSITE PARIS V - RENÉ DESCARTES, INSTITUT DE PSYCHOLOGIE

Mémoire de maîtrise de psychopathologie (2001/2002)

 

CONCLUSION

 

La présente recherche s'est intéressée avant tout à la signification de l'espace habité en psychopathologie. Dans la première partie, nous avons tout d'abord dégagé les éléments théoriques relatifs à l'espace habité. Ce qui est apparu, c'est la notion de contenant, c'est- à­dire un lieu pourvu de frontières et d'une enveloppe psychique, ce < chez- soi » permettant àl'individu de se construire psychiquement. Quant à la deuxième partie, elle est basée essentiellement sur la recherche. Nous nous sommes intéressés à l'impact que pouvait avoir les problèmes de voisinage sur la santé mentale et nous avons étudié un échantillon de sujets se déclarant victime de ce type de conflits. Ils ont tous répondu à un questionnaire relatif àleur état de santé général et les résultats ont confirmé l'hypothèse selon laquelle les conflits de voisinage ont bien des incidences sur la santé mentale. Le domaine psychique le plus touché est celui de l'anxiété et de l'insomnie, puis celui des dysfonctions sociales, et enfin, des symptômes relatifs à la sphère somatique. Paradoxalement, la dépressivité n'est pas un domaine significatif dans ce type de problèmes. Nous avons donc dégagé de cette étude, certains facteurs de risque et de protection qui permettent de commencer à mieux comprendre l'influence que peuvent avoir les problèmes de voisinage sur la santé mentale.

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L'intérêt de cette recherche était avant tout d'ouvrir sur la question du rôle de l'intimité dans le logement, en tant que protection corporelle, mais surtout, psychique de l'individu (rôle qui n'a encore été que trop peu étudié). Il semble que l'intimité soit un mécanisme de défense qui permette à l'individu de gérer les conflits qu'il rencontre au niveau de son habitat. Ce qui serait intéressant d'étudier désormais, ce sont les facteurs de protection qui permettent à des individus de se protéger de ce type de conflits : quels sont les mécanismes de défenses utilisés pour faire face à ce type « d'agressions » ? Y- a- t- il un rôle des associations de quartiers qui aident dans la lutte contre l'exclusion sociale et l'inadaptation au logement ? Comment agissent- elles ? Cette étude peut nous permettre de nous interroger sur ces liens qui unissent, l'inadaptation au logement, l'intimité et la santé mentale. Si l'on prend, par exemple, le cas des « sans domicile fixe », l'absence d'habitat pourrait les empêcher de se construire psychiquement puisqu'il est, comme nous l'avons vu, essentiel de se loger pour connaître l'intimité et donc, la permanence de son identité. N'y aurait- il donc pas chez eux, du fait d'un non- accès au logement et pas conséquent à la conscience d'eux- mêmes, une impossibilité de se (re)construire psychiquement et corporellement, point de départ nécessaire à une réelle adaptation sociale ?

 

 

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7 Mars 2008