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Madame Baras nous écrit :
(...) J'habite le nord de la France, très exactement à Douai mais je suis native de Toulouse comme ma mère, ma grand-mère qui se nommait Andrée Dieudé, mon arrière grand-mère. Ma demande (...) concerne l'histoire de la rue Croix Baragnon que je cherche désespérément sur le net (...)
Ce que je sais par ma mère c'est que Baragnon était un jeune homme qui s'était lié d'amitié avec une vieille femme, ils étaient voisins dans cette rue. Cette vieille femme fut assassinée et dans son dernier cri, elle hurla au secours en réclamant de l'aide à Baragnon dans le patois de l'époque ou en occitan oserais-je dire, je ne sais pas il y a peut-être des différences de langage.
Or, les habitants de cette rue n'ont pas saisi exactement les plaintes de la vieille femme et accusèrent à tort Baragnon d'être l'assassin. Il fut jugé et guillotiné.
Peu après, le vrai coupable fut retrouvé et écroué.
D'où le nom de Croix Baragnon en mémoire d'un martyre de la justice.
(...) Je voudrais connaître les circonstances exactes de cette histoire. (...)
Nathalie Baras
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Extrait adapté à partir du magnifique ouvrage de Pierre Salies
: « Dictionnaire des rues de Toulouse » Milan éditeur, (1989)
T.1, pp.336-337 (isbn 2.86726.353.0) :
Croix-Baragnon (la)
Une légende toulousaine attribue une singulière origine à la Croix-Baragnon. Un certain BARAGNON aurait été victime d'une erreur judiciaire. Pris à partie, lors d'un assassinat, par l'assassiné, on avait entendu celui-ci dire :
« Baragnou me tu-oun ! » au lieu de « Baragnou !!! me tu-ouon ! »
c’est à dire « BARAGNON me tue ! » au lieu de BARAGNON !! on me tue !».Il fut emprisonné, jugé, exécuté. Quand le procès fut révisé, on répara en plantant une croix à l'endroit même où s'élevait sa maison.
La Croix-Baragnon serait donc une croix expiatoire.
Qui était ce BARAGNON ?
Un statut communal de 1218 cite un Baranonus.
Mais le nom de Croix-Baragnon existe bien plus anciennement. Un jugement du viguier, en novembre 1180, réglant l'écoulement des eaux, précise : « ... Et aque de plano Roaicencium currant versus claustrum Sancti Stephani, et ad crucem Baranoni fiat resclausa... »
Bararnonus, Barano, Baragno sont des noms d'homme assez fréquents dans l'onomastique toulousaine, et l'on ne saurait dire lequel est à l'origine de la croix, qui n'a d'ailleurs aucun caractère expiatoire. C'est tout simplement l'un des jalons limitant le claustrum du chapitre de Saint-Étienne.
La Croix-Baragnon fut refaite en 1378, et déplacée aux frais de la Ville, en 1752. Au mieux peut-on penser que son nom lui vient du nom d'un propriétaire de l'immeuble devant lequel elle avait été dressée, mais la légende est tenace et, inlassablement, refait surface.
Au pays de Calas...
Bibliographie –
Sylvain Macary, Etude critique d’une légende toulousaine, La Croix-Baragnon, Toulouse 1894, 13 p.
Pierre Salies, Sur quelques points d'histoire toulousaine, la Croix?Baragnon,
Mém. Acad. Sc., Toulouse, 1960, pp. 189?192.
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Il convient d’ajouter que le Nom « Baragnou » existe comme nom de lieu en Ariège Mazères (09270), dans le Lot (rue Baragnou à Béduer - 46100) et aussi à La Ciotat (« place Baragnou »).
On connait plusieurs textes écrits par un auteur du nom de Baragnon :
Abrégé de l'histoire de Nîmes de Ménard, continué jusqu'à nos jours, par E. L. Baragnon, avocat à la cour royale de Nimes. — Nimes, 1831à 1840. lmpr. de V Gaude. In-8°.
Ménard a fait sur la ville de Nîmes un. ouvrage volumineneux, consulté avec fruit par tous ceux qui s'occupent de l'histoire méridionale ; mais, précisément à cause de ses dimensions auxquelles se joignent la rareté et la cherté de l'ouvrage, il est devenu d'un usage peu fréquent auprès du public des lecteurs. Cependant, aujourd'hui que les études historiques sont à l'ordre du jour, il est de nécessité pour chaque yiile de connaître son histoire particulière, même avant d'étudier celle du royaume auquel, quelquefois fort tard, elle a été incorporée.
C'est stimulé par ces considérations, que M. Baragnou s'est décidé à présenter à ses compatriotes un abrégé du savant historien qui a déjà écrit leurs annales. Comme l'ouvrage de Ménard se termine en ijââ, l'abréviateur, alin de compléter son ouvrage, a écrit, de son propre fonds, l'histoire qui s'est écoulée depuis cette époque jusqu'au temps présent. La première tfiche était difficile, car il faut beaucoup de tact et de goût pour abréger un historien sans le défigurer et lui faire perdre son caractère; mais la seconde était bien plus périlleuse, car il fallait parler des dissensions civiles d'un pays dans lequel les esprits sont toujours agités par la haine Dans l'intervalle où l'on dépose les armes. M. Baragnon s'est tiré de l'une et de l'autre tâche avec la même conscience, si ce n'est toujours avec le même bonheur. Tout en abrégeant Ménard, néanmoins M. Baragnon fait ses réserves : elles portent sur la forme et sur le fond. II n'a pas prétendu adopter sans examen les erreurs de cet écrivain; il s'est proposé même de réparer quelques omissions qu'il a aperçues dans son volumineux ouvrage. Pour cela, il a consulté les auteurs qu'a indiqués Ménard et d'autres en grand nombre; dont il ne paraît pas avoir fait usage. D'un autre coté, observant que la division en livres adoptée par Ménard ne répondait à rien et n'était le résultat d'aucun calcul, M. Baragnon a divisé son abrégé d'après les époques fameuses ou les règnes célèbres. L'abréviateur a porté aussi un peu d'ordre philosophique et logique dans des laits que l'historien avait astreints à l'ordre chronologique seul. Pour les lacunes, M. Baragnon les a comblées au moyen des travaux de Dom Yaissette, de Veljy, d'Anquetil, etc.
Quant à la partie relativement moderne de l'histoire de Nîmes, celle qui s'étend depuis i^55 jusqu'à nos jours, et dans laquelle M. Baragnon n'avait pas de guide, elle a été écrite d'après les mêmes historiens généraux, auxquels Baragnon, devenu historien à son tour, a joint une foule de mémoires du temps, d'histoires particulières, de pièces inconnues, qui se rapportent aux guerres civiles dans lesquelles la volle a joué un trop triste rôle. Il fallait, pour présenter un tableau fidèle de ces temps malheureux, abjurer tout esprit de parti; la conscience de M. Baragnon se l'était promis, peut-être reprochera-t-on quelquefois à ses opinions d'avoir trahi sa conscience…
© Copyright Bernard AURIOL (email = auriol @ free . fr)
dernière mise à jour le
19 Juin 2008