L'aqueduc de la "Reine Pédauque" à Toulouse

Abbé Georges Baccrabère

(mis en ligne avec permission de l’auteur)

Le moyen âge substitue quelquefois, aux dénominations anti­ques, des noms qui séduisent l'imagination. Les monuments romains de la rive gauche de la Garonne à Toulouse, l'aqueduc de Lardenne en particulier fut attribué à un personnage légen­daire : la Reine Pédauque.

On sait traditionnellement que cet aqueduc conduisait les eaux de Lardenne jusqu'en ville, depuis un château situé à la Cépière, probablement par un pont- aqueduc jeté sur le fleuve : le pont de Régine Pédauque (pour situer cette conduite voir fig. 1, Trajet de l'aqueduc de la Reine Pédauque (ensemble).

Figure 1

Le présent exposé essaiera de donner quelques précisions [1] .

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I.                     LES FOUILLES

Au cours d'une récollection à Notre- Dame du Mirail en jan­vier 1963, nous remarquions, dans le jardin, à l'est du château longeant la terrasse du parc, des pans de murs à demi enfouis. Une observation attentive permettait de soupçonner une construc­tion fort ancienne de même nature que les substructions antiques de la chapelle Saint- Roch, ou « banc de Saint- Roc [2] », au quartier Saint- Roch de Toulouse.

Nous entreprenions trois sondages : parcelle 141 sud- ouest et parcelle 141 ouest du plan cadastral et au vivier n° 133 [3] . Nous les étudierons selon l'ordre de découverte.

[fig. 2 : Aqueduc au Mirail (plan d'ensemble)]


A. FOUILLE PARCELLE 141 SUD- OUEST (fig. 2, Aqueduc au Mirail (coupe du canal A).

a) Situation.

Le sondage a été pratiqué à 5 m 50 à l'est du mur de la ter­rasse et à 40 mètres au sud du grand escalier. La conduite se trouve sous une légère couche de terre arable.

b)  Le Canal.

Au cours de la fouille nous avons remarqué la présence de galets et de terre graveleuse.

Aqueduc du Mirail, photo extraite de l'article de Georges Baccrabère : "Habitat, alimentation et évacuation des eaux à Toulouse dans l'antiquité", Académie des inscriptions et belles lettres de Toulouse, communication du 28 Juin 1984 à l'Institut Catholique, volume 146, Tome V, 1984, p.135

 

La cuvette, en forme d'un fer en U présente un radier par­faitement horizontal orienté sud- nord (25° environ) (fig. 3, pl. II). La conduite, coulée en deux phases [4] , repose sur une semelle de béton d'une épaisseur moyenne de 0 m 30 et mesure 0 m 65 de large. Elle supporte des parois verticales en mortier, d'une pro­fondeur de 0 m 35. Leur épaisseur varie de quelques centimètres du côté droit (pente) : 0 m 42, tandis que vers la terrasse nous avons seulement 0 m 38. En d'autres points, au vivier en particulier, l'aqueduc présente le même défaut.

Au sud, la rigole d'eau contourne vers le sud- ouest, les piedroits se trouvent légèrement renforcés : 0 m 40 pour le côté gauche et 0 m 45 pour la partie du côté du tournant.

Ces anomalies s'expliquent facilement : le poids énorme de cette masse pouvait de temps à autre faire céder les coffrages, d'autant que le terrain est de nature graveleuse.

A l'extérieur, la conduite mesure 0 m 75 de profondeur et la largeur totale est de 1 m 45 de moyenne. L'ensemble repose sur une rangée de galets roulés de 0 m 08 à 0 m 10, posés légèrement debout. Cette sorte de drain se trouve noyé dans le mortier [5] (fis. 4, pl. II). Une tranchée contient l'ouvrage où l'on rencontre par endroits à la base une couche de marne de couleur jaunâtre.

Mentionnons enfin que la conduite de captage possède une solidité remarquable conforme aux préceptes de Vitruve « ... exstruaturque structura totum solum quam solidissima [6]  »..

C ) MATÉRIAUX.

Le béton. - Il se présente avec la dureté habituelle des mor­tiers antiques. Un essai de résistance à la compression a été effectué sur un cube de 0 m 10 d'arête, on a obtenu 340 kgs au cm² [7] . Si on compare cette donnée avec d'autres bétons de monuments antiques de la ville, par exemple les piliers des arènes de Purpan, la résistance est bien moindre. Ainsi pour un même cube de 0 m 10 de côté, nous n'obtenons que 113 kgs par cm². L'expérience a été renouvelée pour un autre volume de 0 m 12 d'arête, on a eu 200 kgs au cm². Il convient de remarquer que le premier cube présente des vides importants; l'infiltration de l'eau et l'exposition à l'air ont considérablement diminué sa résistance. Une troisième expérience a été faite sur un mortier des fondations à la sec­tion intérieure n° 35 du rempart de la ville à l'Institut catholique. L'essai a porté sur un cube analogue de 0 m 10 de côté, nous n'avons obtenu que 94 kgs par cm²; dans le cas présent il s'agit d'un blocage de qualité secondaire. Quatrième donnée enfin, les soubassements d'une tour polygonale des mêmes fortifications rue du Rempart­Saint- Étienne (building n ° 26 ) , soit une résistance à la rupture de 198 kgs pour 0 m 11 d'arête. - Mesures prises par Mr Malbosc. - Nous n'avons cependant que des données fragmentaires. Les essais auraient dû être renouvelés pour une étude plus complète, sur une série de plusieurs échantillons d'un même monument. Tou­tefois les résultats n'en sont pas moins instructifs.

Quoiqu'il en soit, au Mirail, nous avons une construction au mortier de chaux d'excellente qualité et nettement plus dosée. Sa mise en oeuvre a été également bien soignée car l'homogénéité se trouve meilleure, on n'observe pas de cavités importantes. La com­pacité est comparable à celle des bétons que l'on réalise actuellement avec des moyens de vibrations ou de pervibrations très poussées. La résistance ressemble aux bétons de ciment moderne de la classe 210/325. D'autre part, avec les chaux actuelles on n'obtient à l'essai de l'écrasement que 30 kgs au cm2 à 7 jours et 60 kgs par cm² au bout de 28 jours.

Alors qu'aux arènes et au rempart nous avons à faire à des galets roulés d'un volume généralement moyen (0 m 10 de côté), à l'aqueduc au contraire, on a un sable très fin, avec un gravier à fragments anguleux concassé; il présente des éléments blancs et gris avec des teintes noires, jaunes et rouges. Il s'agit cependant d'un calcaire relativement tendre. Nous avons remarqué en outre à la surface, des tuileaux de briques de la grosseur d'un oeuf de pigeon, soit 35 environ au m².

Enfin le béton possède une densité de 2,35 soit 2 350 kgs au m3. On devra tenir compte d'un poids au moins égal pour les autres parties de l'aqueduc : les piédroits et la voûte. - Le rempart de l'Institut Catholique a une densité de 2,167 et celui de la rue du Rempart 2,26.

Chape et ciment de tuileau. - La cuvette se trouve recouverte d'une chape variant de 0 m 002 à 0 m 015 et même 0 m 02 de ciment.

Au fond de la cuve on remarque par endroits jusqu'à 0 m 05 de ciment rose et 0 m 02 le long des parois verticales. Les angles ren­trants formés par le radier et les parois des piédroits, se trouvent légèrement arrondis et non avec des bourrelets que l'on observe parfois dans les conduites. Ce ciment de brique se compose prin­cipalement d'un mélange de chaux, de poussière de brique et de tuileau. Son rôle est de prévenir, semble- t- il, les infiltrations.

B. SONDAGE PARCELLE 141 OUEST (fig. 2, Aqueduc au Mirail (vue en plan du canal) (B) .

a) SITUATION.

Nous avons pratiqué la fouille à 34 mètres au nord du grand escalier et la partie médiane du canal se situe à 1 m 40 environ du mur de la terrasse selon une orientation nord- sud. La profondeur moyenne de la conduite est de 0 m 70 du niveau du sol.

b) OBSERVATIONS.

Tout au long du sondage on rencontre de gros galets.

A la surface des deux côtés du canal se trouve une rangée de fragments de briques triangulaires et posés à plat dont l'épaisseur varie de 0 m 035 à 0 m 025 et de 0 m 23 de côté. Sur ces briques repose une rangée de galets roulés noyés dans le mortier et taillés sur la face intérieure. Ils mesurent 0 m 17 à la base sur 0 m 11 de haut et 0 m 13 sur 0 m 09. Ces deux assises chevauchent plus ou moins régulièrement l'une sur l'autre, elles forment un début d'opus mordant dans la masse arrière du mortier et des galets.

La cuvette présente quelques particularités. Tout d'abord à la surface du radier, mentionnons une importante chape relativement bien conservée de mortier de tuileau rouge. Ces débris concassés présentent une taille moyenne de 0 m 02 sur 0 m 01 de côté; les plus importants se situent entre 0 m 04 sur 0 m 025 et 0 m 03 sur 0 m 025 ou 0 m 035 sur 0 m 022. Cependant sur les parois latérales les tuileaux paraissent légèrement plus petits, soit la grosseur d'une noisette [8] .

Le canal possède en outre une forme légèrement évasée. En effet, le radier n'atteint que 0 m 55 de large à la base, tandis qu'à la surface nous avons 0 m 60. Il y a donc un apport considérable de ciment de brique : 0 m 05 sur la rigole d'eau et 0 m 025 en haut de la cuvette. Cette dernière épaisseur se répartit en plusieurs couches; tout d'abord un reste de pellicule d'origine antique de 0 m 002, et deux autres enduits d'une moyenne de 0 m 02 à 0 m 03. Ces derniers ne paraissent pas aussi anciens, les éléments de chaux sont relativement moins blancs. Mentionnons enfin que la couche de ciment de chaux et de brique concassée se trouve parti­culièrement plus épaisse du côté d'une mare située au nord du sondage. Un tel aménagement permettait un écoulement de l'eau du fjord vers le sud. En cet endroit la pente sur le radier se trouve inversée de l'aval à l'amont.

Vers le milieu de la fouille du côté droit et à quelques centi­mètres de la surface de la rigole d'eau, on rencontre un orifice de 0 m 08 environ de diamètre . (et non de 0,50 comme l'indique le croquis). De ce point, comme nous venons de le mentionner il n'y a plus de pente vers l’aval, la cuvette remonte insensible­ment et l'eau ne peut plus s'écouler dans la direction originelle. Il est permis de penser que le canal, avec quelques modifications, fut désaffecté et utilisé par des particuliers à une époque tardive pour les besoins des villas ou des potagers. Ainsi s'explique la pré­sence d'une épaisseur considérable de ciment rose en aval à la surface du radier.

Ne faut- il pas voir dans cet orifice un branchement provenant d'une fraude? En effet, les riverains de l'aqueduc branchaient facile­ment des tuyaux supplémentaires pour s'attribuer plus d'eau que celle à laquelle ils avaient droit. De tels abus étaient fréquents en Gaule [9] .

Face à l'orifice sur le côté gauche et non loin de l'endroit où, en amont, on a rencontré la rangée de briques et de galets, le canal se trouve endommagé sur toute son épaisseur latérale, il est réparé par plusieurs assises de fragments de briques disposés à la hâte. Une brèche permet de constater que la surface extérieure de la paroi se trouve colmatée d'une couche de terre glaise battue, de couleur jaune, de 0 m 45 d'épaisseur à laquelle on a mélangé des éléments de ciment rose. Une rangée de briques placées de champ retient l'ensemble à la base. On relève également plusieurs débris de céramiques antiques disposés dans une sorte de fosse.

C) MATÉRIEL ARCHÉOLOGIQUE.

A mentionner particulièrement 3 fragments de tegulae dont l’une possède un rebord d'une hauteur de 0 m 04 et 0 m 035 d'épais­seur, l'autre 0 m 035 sur 0 m 03; 4 restes d'amphores de 3 types différents reconnus à la couleur de la terre.

Tegula, tegulae (keramos):

Tuile plate à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four, mais, dans certains bâtiments somptueux, de marbre ou de bronze, et quelquefois dorée (Plaut. Mil. Il, 6, 24 ; Cic. Terent. Ov. Plin. Liv.). Ces tuiles formaient des trapèzes, de manière que le plus petit bout d'une tuile, quand on la plaçait sur le toit, s'adaptât au grand bout de celui qui était en dessous et la recouvrît dans une certaine partie de sa longueur ; elles avaient des bords relevés pour empêcher l'eau de pluie de pénétrer dans les interstices latéraux, pour s'emboîter avec les côtés des tuiles creuses (imbrices), qui étaient placées au-dessus des tegulae, comme le montrent les gravures aux mots imbrex et imbricatus.

Au pluriel, tegulae est souvent pris pour un toit de tuiles ; mais l'expression per tegulas (Terent. Eun. III, 5, 40 ; Cic. Phil. II, 18 ; Aul.-Gell. X, 15, 1), pour indiquer une entrée ou une sortie opérée par le toit, ne signifie pas à travers le toit en déplaçant les tuiles, mais à travers l'espace ouvert qui est au milieu d'un atrium ou d'un péristyle, et que limite le toit de tuile reposant sur la colonnade qui des quatre côtés entoure cet appartement.

Cet encart n’est pas dans le Texte de Georges Baccrabère et a été inséré d’après le Dictionnaire des antiquites romaines et grecques de Anthony Rich (3e ed. 1883)

Il s'agit entre autres d'un fragment de culot et de départs d'anses rouges, l'une ronde, de pâte légèrement jaunâtre (long. 0 m 017) et une seconde de forme plate (0,14 ). 26 débris de céramiques diverses de couleur rouge dont 4 fonds de cruches et de cruchettes (diamètre : 0,126; 0,117; 0,108, 0,99).

d ) CAPTAGE DES SOURCES (fig. 2, Aqueduc au Mirail (cap­tage des sources) (B).

Nous avons pratiqué quelques sondages entre le point de fouille et le grand escalier. Nous nous rendions compte qu'à 10 mètres au nord de ce dernier, l'aqueduc amorce une légère courbe (venter) à gauche, comme s'il voulait pénétrer à l'intérieur de la nappe aqui­fère. En effet, sur une longueur de 18 mètres le canal distant au départ de 6 m 30 de la terrasse se rapproche insensiblement de cette dernière jusqu'à 1 mètre du mur pour amorcer ensuite un second tournant à droite (fig. 5, pl. II). Sur cette longueur nous avons ren­contré 4 sources principales dont 3 distantes de 5 m 50 et 2 mètres. Cette eau s'écoule en direction de la conduite. Celle- ci les capte une première fois le long de la paroi à l'extrados pour les recueillir ensuite au dernier virage au moyen d'un griffon pratiqué dans la maçonnerie du piédroit. Ces sortes de barbacanes peuvent facile­ment s'imaginer, ce sont des boulins formés par trois moellons dont deux sont placés en regard; la troisième pierre forme plafond et repose sur la première moitié des deux autres. Les Romains utilisent sou­vent ce procédé [10] , c'est la technique moderne des murs poreux. Ces griffons se trouvent probablement, comme nous le verrons dans la composition du piédroit, au- dessus de la première rangée de briques [fig. 6, Aqueduc au Mirail (élévation et coupe)]; en effet, le mur se compose à cet endroit de deux rangées de moellons superposés. Une telle disposition du parement permet de pratiquer des ouver­tures le long de la conduite, de recueillir facilement l'eau de la nappe phréatique pour la déverser à l'intérieur de la cuvette.

C. FOUILLE PARCELLE 133.

a)       SITUATION (fig. 2, Aqueduc au Mirail (plan d'ensemble).

Nous avons rencontré la conduite au sud- est du parc, à 12 mètres à l'est dans le prolongement de la berge supérieure du vivier. Le piédroit gauche de l'aqueduc se trouve à 0 m 90 de pro­fondeur et dans un axe est- ouest (300° environ).

b) ÉLÉMENTS DE CONSTRUCTION (fig. 6, Aqueduc au Mirail (élévation et coupe).

Cette fouille est la plus instructive. Nous allons l'étudier de bas en haut : la cuvette, les piédroits, la voûte et nous terminerons par une vue sommaire de la nature du sol.

La cuvette. - Elle se présente de même forme et nature que dans les deux sondages précédents. Elle mesure une moyenne de 0 m 61 de large et 0 m 35 de haut. Cependant son volume intérieur se trouve légèrement modifié par l'épaisseur du ciment de briques de 0 m 06 à la surface du radier. Les tuileaux ont une grosseur moyenne d'un petit pois. On devine en outre par endroits une pelli­cule légèrement plus fine, ce qui suppose un certain lissage soit avec une pelle de bois ou mieux avec une truelle [11] . Aux angles formés par le radier et les côtés latéraux il n'y a pas de bourrelets mais seulement de légers arrondis. Ces mêmes parois portent seu­lement une épaisseur de 0 m 02 d'enduit. Ce dernier recouvre la rangée supérieure de briques qui dépasse à l'intérieur de la cuvette de 0 m 01 formant ainsi une sorte de gouttière. Il semble qu'à l'origine la cuvette seule fut prévue pour l'écoulement de l'eau. Nous allons voir cependant qu'une grande partie du piédroit garde l'empreinte de ce passage.

Les piédroits (fig. 7, pi. II). - Ils sont constitués, au dessus du canal, d'un mur d'une hauteur moyenne de 0 m 46 et d'une épaisseur de 0 m 38. La face intérieure présente un parement d'assises hori­zontales de moellons coupées de rangées de fragments de briques ; le tout est pris dans un blocage de mortier, de galets et de débris calcaires provenant d'éclats de pierre.

Les différentes assises sont liées par de faibles couches de mor­tier de 0 m 005 à 0 m 01 d'épaisseur, cependant on rencontre par suite de retouches, des joints de 0 m 025. Certains de ceux là parais­sent même avoir été lissés au fer.

Figure 6

A la base du piédroit se trouve une rangée de briques d'une profondeur moyenne de 0 m 14 et 0 m 038 d'épaisseur. Au dessus chevauchent deux cordons de moellons taillés et de galets roulés d'une hauteur totale de 0 m 23. Les galets sont toujours travaillés sur la face intérieure et parfois sur les faces latérales, voici quel­ques dimensions : 0 m 16 de base sur 0 m 08 de haut et 0 m 15 de profondeur ou 0 m 11 x  0 m 08 x  0 m 08.

Précisons que les galets se trouvent plus ou moins alternés de moellons de calcaire danien des Petites Pyrénées (région d'Aurignac et sud d'Ausseing). C'est une pierre à graine fins avec remplissage par la silice des petites cavités; cet accident de silification n'existe que dans les roches de ce niveau. Ces moellons présentent une face carrée ou rectangulaire dont la base varie de 0 m 09 à 0 m 27. Certains possèdent une queue d'une moyenne de 0 m 15 à 0 m 20. La proportion des moellons paraît légèrement plus élevée que celle des galets, nous avons relevé 10 moellons pour 7 galets taillés. D'autre part, la présence de ces derniers s'explique en partie par la nécessité des réparations, constatations que nous avons observées par des moellons de remploi. En effet, les deux rangées de pierres situées sur la tranche d'eau, d'une hauteur totale de 0 m 66 du radier, ont plus ou moins disparu, corrodées par dissolution par l'eau. Elles laissent souvent à leur place une cavité ou un reste de colonne présentant des extrémités convexes. L'ensemble donne au mur un aspect curieusement décoratif (fig. 8, pl. III). Le plus souvent cependant le moellon a entièrement disparu et il ne reste de ce dernier que le joint de mortier. On rencontre d’autres exemples de ce phénomène de corrosion, tels des murs romains à Fréjus [12] .

Au- dessus de ces 2 rangées de calcaire se trouve une assise de briques. Celles ci mesurent 0 m 37 de long et 0 m 23 de large. Au dessus encore, une autre rangée de moellons et de galets de 0 m 09 de haut termine les piédroits. Le tout se trouve enfin couvert par une assise de briques qui s'étend sur toute l'épaisseur du mur, soit la longueur de la brique elle même. L'ensemble de la maçonnerie possède une hauteur moyenne de 0 m 46.

En résumé, les piédroits présentent un travail relativement bien soigné. L'emploi de la brique produit un effet décoratif, permet une plus grande stabilité des moellons et favorise une forte adhé­rence du béton. On remarque cependant une certaine économie de matériaux par l'emploi de fragments de briques et de galets taillés. Ces derniers indiquent, pour une grande part, qu'une réparation postérieure a dû être faite à cause des déprédations venant de l'action dissolvante de l'eau.

La voûte (fig. 7, pl. II). - Elle épouse comme les voûtes romaines la forme d'un berceau. Ce demi- cercle possède des assises de briques de 0 m 375 de long, 0 m 23 de large et 0 m 038 d'épaisseur. Nous avons seulement relevé trois rangées du côté du piédroit gauche, les autres ont disparu. Ces briques, disposées dans le. sens de la longueur, sont séparées les unes des autres par des joints d'une moyenne de 0 m 005 à l'intérieur et 0 m 04 à l'extrados. L'épaisseur de la voûte mesure la largeur de la brique. Il reste à l'extérieur au- dessus du mur un espace de 0 m 14 comblé par de la terre. Comme l'aqueduc a une largeur de 0 m 65 au niveau des piédroits, la flèche de la voûte est de 0 m 325. Enfin, la hauteur totale intérieure de l'ensemble donne 1 m 15.

Le sommet du plein- cintre se trouve, à cet endroit, de 0 m 50 à 0 m 80 environ au- dessous du niveau du sol. - La fig. 6 se trouve ici seulement esquissée. - Les Romains veillaient le plus possible à recouvrir leurs aqueducs pour conserver la fraîcheur de l'eau en la préservant du soleil; lui garder cependant sa pureté sans toutefois la priver de l'action de l'air [13] . C'était aussi un excellent moyen d'éviter une contamination et pollution quelconque par les riverains. Il y avait encore des motifs militaires, prévenir une destruction possible en cas de guerre [14] .

Une autre raison semble avoir préoccupé les ingénieurs, cause d'ailleurs que les auteurs indiquent rarement. Il fallait penser aux intempéries, en particulier aux hivers rudes où le froid pénètre dans les conduites et les gèle. - Dans notre Midi, le thermomètre descend durant les grands froids à plusieurs degrés centigrades au- dessous de zéro. - Dans ces conditions on risquait de priver une ville d'eau pendant des semaines et peut- être quelques mois. Nécessité donc d'enfoncer les conduites dans le sol, de les couvrir et de les proté­ger par des parois relativement épaisses. D'autre part, ces précau­tions paraissent d'autant plus nécessaires qu'il s'agit au Mirail d'un aqueduc avec un débit relativement lent, l'eau risquait plus facilement de se congeler.

C) STRATIGRAPHIE DU TERRAIN (fig.6, Aqueduc au Mirail).

Mentionnons en terminant les éléments que nous avons rencon­trés en cours de fouille, de bas en haut. Du radier sur une épaisseur de 0 m 14 nous relevons du sable fin à l'intérieur duquel se trouve une amphorette en position couchée dont il ne reste que la partie inférieure : le culot et un départ de panse. Elle est de couleur rouge, décorée de stries dans le sens de la longueur résultant pro­bablement d'un polissage. La forme paraît se rattacher au type 24 de Dressel. Il semble que nous soyons en présence d'un élément de Haute Époque. Sensiblement au même niveau nous remarquions un reste d'omoplate très fragmentaire de gros bétail.

A la couche supérieure, soit 0 m 25, jusqu'au- dessus des côtés de la cuvette on observe de la terre, du tout venant et des fragments de céramiques du Ive siècle, caractérisés par leurs aspects grossiers, rugueux, à pâte rouge et engobe blanche.

A la hauteur des piédroits, soit 0 m 50, il existe des débris de briques, des racines et de la terre. Enfin, sur 1 mètre jusqu'à la surface du sol, se trouvent princi­palement de la terre graveleuse et des racines d'arbustes.

II.                   DONNÉES HYPSOMÉTRIQUES

A.      PENTE

Nous avons calculé la pente une première fois lors de notre fouille en A parcelle 141, au sud du grand escalier [15] . On obtient très exactement 1/1000°, soit 1 m 00 par kilomètre. La même expé­rience renouvelée quelques temps après au sondage B au nord du grand escalier, a permis de déterminer la différence de niveau sur la surface même des côtés de la cuvette sur une distance de 20 mètres et parvenir au même résultat.

Cette donnée paraît fort intéressante, elle semble démontrer que les ingénieurs ne relèvent pas nécessairement les principales mesu­res au niveau du radier mais bien à des points plus accessibles. En effet, la conduite du Mirail amorce parfois des tournants relative­ment prononcés, or le chorobate mesure environ 20 pieds (5 m 92) [16] , il devient difficilement maniable à un coude, il faut donc faire appel à un certain tour de main propre aux ouvriers niveleurs.

La pente de la conduite 0,001 par mètre est d'un écoulement normal. Les Romains descendent parfois très bas sans tenir tou­jours compte des prescriptions de Pline et de Vitruve (0 m 20 par

Km [17] ).

B.       DÉBIT

La conduite ne contient pas sur les parois intérieures des sédi­ments ou des dépôts calcaires qui permettraient de connaître le niveau de l'écoulement. On constate cependant l'action cariante de l'eau. Des cavités se sont. formées par dissolution des moellons jusqu'à une hauteur de 0 m 66, soit au- dessous de l'avant- dernière arase de briques. Il devient possible de calculer le débit puisqu'on connaît la tranche d'eau, la pente et les dimensions de la cuvette. Ce débit se calcule en appliquant habituellement la formule de Bazin [18]  :

[19]

Nous avons les données suivantes

87 R Vh° . Nous prenons comme coefficient de rugosité 0,46 établi pour les parois en maçonnerie de moellons. La section mouillée est de 0 m² 4154 et le périmètre de 1 m 97. Le rayon moyen sera le rapport : 0,4154 / 1.97 = 0 m 2105. D'autre part, si et  la vitesse moyenne d'écoule­ment sera dans la section considérée :

= 0.625 mètres par seconde ;

donc Q = 0,625 X 0,4151= 0 m² 260, soit 260 litres seconde [20] ou une moyenne de 22 464 m3 par 24 heures.

Il ne s'agit cependant ici que d'une donnée approximative. En effet, nous ne sommes pas certains de la pente constante de l'aque­duc, elle peut varier au cours du trajet. Le coefficient de rugosité se trouve diminué à la cuvette du fait de la présence du ciment de brique, l'eau s'écoule plus vite qu'au niveau des piédroits; mais par contre, la présence d'un dépôt de sable sur le radier ralentit la vitesse d'écoulement. D'autre part, comme nous le verrons plus loin, on est près de 1 km 500 du château d'eau de la Cépière, soit seulement les 3,5/5e du parcours. Sur cette distance le canal capte encore de nombreuses sources non moins importantes. Le débit s'en trouve donc augmenté, ce qui correspond à un chiffre théorique de 32 000 m3 environ. [21]

Quoiqu'il en soit, au Mirail, il s'agit d'un débit légèrement inférieur à la quantité d'eau que doit recevoir la cité antique. A cet endroit la conduite peut néanmoins alimenter à elle seule une ville de 100 000 habitants avec 224 litres 64 par personne [22] , ce qui correspond aujourd'hui au débit des adductions d'eau prévu pour les com­munes rurales. Actuellement un Toulousain ne consomme guère que 250 litres par jour.

Jamais durant le moyen âge et l'époque moderne, la ville ne sera pourvue d'une telle quantité d'eau. Il faudra attendre jusqu'au début du xxe siècle (1910) pour que le débit journalier atteigne 32 500 m3 soit seulement 180 litres par personne pour une popula­tion de 175 000 habitants [23] .

D'autre part, à l'époque gallo- romaine, en tenant compte du chiffre le plus élevé de la population 50 000 habitants, nombre d'ailleurs peu vraisemblable [24] , il y a un minimum de 449 litres par

usager (640 litres pour 32 000 m3), soit plus que la quantité dont dispose actuellement un Parisien (400 litres environ). Cela montre la profusion avec laquelle les Romains utilisent l'eau. A Rome le moindre concessionnaire reçoit une moyenne de 20 à 25 m3 par jour soit environ 3 000 litres par personne. La concession est fonction seule­ment du diamètre du module; l'eau coule sans arrêt jour et nuit, principe de la meilleure salubrité [25] .

C.       ALTITUDE AU MIRAIL

L'altitude de l'aqueduc a été relativement facile à déterminer. Nous sommes partis de la balise 48 placée récemment pour les nivellements en prévision de la zone à urbaniser en priorité (Z. U. P.) . Elle se situe à l'ouest des communs du château. La hauteur est de 152 m 22. De là, avec un niveau à eau nous avons établi la différence entre la borne et le radier de la première fouille; soit un dénivellement de 4 m 59. Le canal se trouve donc à une hauteur de 152 m 22 - 4 m 59 =147 m 63.

D.      ALTITUDE DE LA VILLE ANTIQUE

L'altitude à l'époque romaine est sensiblement en rapport avec l'altitude actuelle. Les points les plus élevés se situent sur la place Esquirol, 145 m 80 et la place Rouaix avec 146 m 02. D'autre part, les auteurs admettent généralement que la cité romaine est entre 3 m 50 et 5 mètres au- dessous du sol actuel [26] , soit une moyenne de 4 mètres [27] . La ville se trouvera donc à la place Rouaix 146 m 02 - 4 mètres =142 m 02 [28] .

Si l'eau de Lardenne parvient dans la cité antique à ce niveau le plus élevé, il est évidemment possible de soutenir qu'elle alimente le reste de la ville [29] .

D'autre part, le château d'eau, comme nous le verrons plus loin, serait situé à 100 mètres environ au nord de la Cépière. Le courant d'eau parcourt approximativement 5 km 500 depuis le Mirail jusqu'à la place Rouaix. Il se déverse au moins dans trois réser­voirs dont les deux derniers sont situés, l'un au nord de la rue des Teinturiers et l'autre vers le centre de la ville. En admettant une pente de 1/1 000 e, nous avons 147 m 63 - 5 m 50 =142 m 13. L'eau arrive donc au niveau antique.

Nous raisonnons en considérant le point le plus élevé de la ville, or, les ingénieurs romains n'hésitent pas à diminuer la pente lorsque cela leur paraît nécessaire. Plusieurs aqueducs de la Gaule possèdent une vitesse inférieure à celui de Lardenne. Sur une distance comme celle de la Cépière au centre de la ville on peut gagner environ 2 mètres. En ce cas, même si en certains points le sol antique ne se trouve pas uniforme et inférieur à 4 mètres [30] , l'eau arrive suffisamment à hauteur utile, au rez- de- chaussée où les Romains possèdent leurs installations sanitaires : latrines, bassins, piscines, salles de bain.

III.                 TRACÉ DE LA CONDUITE DE CAPTAGE

A.      LE MIRAIL (fig. 2, Aqueduc au Mirail (plan d'ensemble).

Nous avons effectué des sondages secondaires à la barre à mine sur les parcelles 133 et 141, ils ont permis de compléter les précé­dentes recherches sur le tracé exact de la canalisation.

Ainsi, si nous partons de la première fouille, parcelle 141 sud­-ouest, et nous nous dirigeons vers le nord, l'aqueduc se localise à 5 m 50 du mur de la terrasse et devient parallèle à ce dernier. A 4 mètres, le canal s'interrompt pour reprendre ensuite sur 9 mètres jusqu'à une fontaine. Nous le trouvons de nouveau pendant 18 mètres au grand escalier, il traverse ce dernier pour ressortir du côté nord. A cet endroit, la conduite amorce deux coudes afin de se rapprocher de la nappe phréatique, traverse la fouille B et se continue le long du mur pour s'enfoncer progressivement dans le sol en direction de la parcelle 139.

Revenons en arrière, repartons du sondage A en direction sud.

L'aqueduc change d'orientation vers l'ouest d'un angle de 150° environ et épouse la forme du mamelon. Ce changement de direction en arrondi ressemble à celui que nous venons de remarquer au nord de l'escalier. Il y a là l'application d'un principe d'hydraulique. Les ingénieurs romains évitent de construire des canaux avec coude prononcé, pour ménager d'une part, les parois de la conduite si la pente est forte et d'autre part, ne pas ralentir le passage de l'eau si le courant est faible. Cependant, l'inconvénient des pentes faibles et des petites vitesses, est d'introduire des dépôts dans la cuvette [31] . A la conduite du Mirail nous avons constaté 0 m 14 de sable.

L'aqueduc se continue sous la terrasse près du second contre­fort, traverse le sud de la parcelle 133 où nous le trouvons à la fouille C, longe la berge nord du vivier à 0 m 10 de fleur d'eau et se dirige vers une source située environ à 80 mètres à l'ouest.

B.       TRAJET AU SUD DU MIRAIL (fig. 1, Trajet de l'aqueduc de la Reine Pédauque ) .

Le canal du Mirail n'est qu'un tronçon d'une importante conduite. Deux documents d'abord nous le prouvent.

Au XVI° siècle, Antoine Noguier la signale sur la métairie Campagne, en Ardenne basse, près de Saint- Simon : « Les frag­ments des arcs voûtés, les cailloux s'entre- joignans et faicts amou­reux au moien de puissants betums ou de mortiers embetumés, les tronçons à demi- air élevés, les morceaux partie élevés ou bien peu sur les champs, partie enterrés au chemin tirant à Champagne et Ardenne, nous peuvent assurer plus grand témoignage [32] ».

Lorsqu'on projeta, en 1677, d'amener l'eau de Lardenne à Tou­louse jusqu'à la place Rouaix, quelques propriétaires dont on devait capter les sources firent opposition. « Les lettres royaux » men­tionnent des sources appartenant à la ville qui se trouvent sur les biens « de Clause, del Miral, de Renery, de Fontaine Lestang, de l'Infirmerie, Campagne, Jean Peyre et Malras, situées en divers endroits, dessoubs un tertre qui sépare l'Ardenne haute d'avec la basse, qui se jettoient dans un très ancien canal faict du temps des Romaine qui paraît encore [33] ... ».

Ces deux témoignages trouvent leur confirmation dans la décou­verte de la conduite à Belle- Fontaine même. En effet, nous l'avons rencontrée par des sondages à la barre à mine à 2 mètres de pro­fondeur selon un axe nord- sud dans les fondations d'une fontaine située au nord des bâtiments actuels, soit environ 150 mètres, à quelques mètres d'un pigeonnier non loin au sud du prolongement du chemin du Général- Decroute. Le canal présente les mêmes caractères de chaux et de gravier concassé que l'on a déjà remar­qués au Mirail.

Récemment, le 1°' juin 1963, les ouvriers de la Société Parisienne d'Industrie Électrique, lors d'une tranchée effectuée pour les conduites d'eau de la Z. U. P., ont mis au jour, à 80 mètres environ au sud- ouest de Clairfont, le canal de l'aqueduc à 1 m 20 de profondeur. Un sondage a permis de constater la couche de ciment de tuileau de 0 m 02 avec des retouches de chaque côté de la conduite. Le radier présentait 0 m 65 de large, soit 0 m 69. sans l'enduit rouge. La rigole se trouvait ici légèrement plus large qu'au Mirail. Les côtés latéraux présentaient une épaisseur équi­valente : 0 m 38.

L'aqueduc traverse donc les propriétés de Belle- Fontaine, Clairfont, Fontaine- Château, Domaine des Fontaines (O.N.I.A.) et Château Reynery. Il contourne légèrement ce dernier au nord pour longer la nappe phréatique et épouser la forme du mamelon, c'est ce que montre l'observation aérienne sur la par­celle 143. On le retrouve à l'ouest, sensiblement aux limites des numéros 125, 127 et 128 de la section A O du plan cadastral. Au printemps la végétation laisse deviner une bande caractéristique [34] .

La présence de la conduite à Belle- Fontaine permet, en outre, d'établir d'autres données sur le prolongement possible du canal vers le sud.

L'altitude moyenne de ce domaine dans l'axe de l'aqueduc est de 152 mètres, le radier se situe aux environs de 152 mètres - 2 mètres =150 mètres. D'autre part, la différence de dénivellement de cette cuvette avec celle du Mirail est de 150 mètres - 147 m 63, soit 2 m 47. L'aqueduc aurait une longueur de 2 470 mètres, ce qui correspond approximativement au trajet hypothétique.

Une autre raison se vérifie par la présence des sources. La quantité d'eau qui sourd actuellement de Belle- Fontaine à la Cépière est de l'ordre de 46 litres seconde [35] . D'autre part, l'aqueduc débite une moyenne de 260 litres. Si nous faisons la différence de ces deux quantités il reste à capter 240 litres, en ce cas il faudrait que la conduite ait une longueur de 18 kilomètres. Un tel parcours ne nous paraît pas possible, en effet, le volume d'eau que nous avons relevé porte seulement sur un débit de sources affleurantes utilisées par les particuliers pour leurs besoins domestiques. Il aurait fallu plutôt étudier la couche aquifère à la surface et établir des sondages sur un périmètre donné; ce travail d'hydrologie reste à faire.

Les Romains sont très habiles en captages. Ils s'ingénient à mettre à profit les conditions naturelles du terrain; le canal s'enfonce par un système d'inflexions à l'intérieur de la nappe phréatique pour recueillir le moindre filet d'eau; tout autant de données qui nous ont échappées.

Au- delà de Belle- Fontaine existent des sources abondantes chez Mme Daydé, 72, chemin de Lestang, dont le débit atteint une moyenne de 4,50 litres seconde et Monlong- Château avec 7,5. Les Gallo- Romains ne pouvaient ne pas connaître ces eaux, puisqu'elles se situent non loin de Belle- Fontaine et le long de la couche aqui­fère. La conduite de captage se prolonge de nouveau jusqu'à Mon­long. D'autre part, ce domaine provient de deux métairies : Malras et Peyre [36] , or « les lettres royaux » mentionnent l'aqueduc sur ces deux propriétés. - - Au début du siècle, l'abbé Aragon l'aurait aperçu dans ces parages [37] . Enfin, le dessin de Dupuis Du Grez montre le départ de la conduite en deçà de la route de Seysses (fig. 9, Pl. III ) [38] .

C.       LA CONDUITE AU NORD DU MIRAIL (fig. 1, ibid.).

Le trajet de l'aqueduc peut également se retrouver dans ce quartier [39] . En effet, « les Lettres royaux », de 1678, parlent encore d'un bien « de Clause » situé non loin du Mirail dont la source déverse ses eaux « dans un... canal faict... des Romains ». Cette fontaine a été identifiée grâce à un ancien plan de la Cépière [40] . Elle se trouve au sud de l'embranchement de la route de Saint- Simon et du chemin du Mirail. En effet, dans la cave du bâtiment des Ouvriers Charcutiers Réunis nous remarquions la présence de deux murs se coupant en équerre orientés nord- sud et est- ouest [41] . Il s'agit là de substructions relativement anciennes, nous serions pro­bablement en présence de restes d'éléments de ladite fontaine.

D'autre part, nous avons observé ces fondations à 2 mètres au- dessous du niveau actuel du sol, soit à une altitude approxi­mative de 146 m 60, ce qui correspond sensiblement à la hauteur du canal à 1 kilomètre environ du Mirail. La conduite antique doit donc se trouver dans le sous-sol de la cour du bâtiment.

Non loin de ce point et au nord du château de la Cépière, soit environ à 100 mètres de ce dernier, à l'est- nord- est d'un vivier, sur un diamètre de 5 mètres dans les broussailles, il se trouve à la surface du sol, une quantité relativement considérable de briques de 0 m 24 de large et 0 m 035 d'épaisseur. Deux sont taillées en biseau, une autre carrée en terre rouge a 0 m 24 de côté et d'une épaisseur analogue aux précédentes; 4 autres fragments présentent une forme arrondie dont l'un parfaitement conservé de 0 m 40 de diamètre et 0 m 052 d'épaisseur, il s'agirait de quelque soubassement de colonne. Nous relevions également une certaine quantité de gros galets roulés. A mentionner surtout, 4 tuiles à rebord dont l'intérieur présente 3 cannelures parallèles sur la pente et des signes en arc de cercle; l'une de ces tuiles possède un rebord de 0 m 048 de haut et 0 m 032 d'épaisseur. Nous serions certainement en pré­sence d'une construction antique dont le façonnage soigné suppose un bâtiment de nature importante. D'autre part, on sait que le castellum se trouve près de la Cépière [42] . Il est donc possible de situer le château d'eau à l'endroit supposé.

Le réservoir recevait- il, en outre au nord, comme le supposent certains auteurs, une seconde conduite de captage provenant de Bourrassol, la propriété « Les Sources » appartenant à M' A. Cas­taigne [43] ?

A 80 mètres environ au sud- est de la villa à la troisième source, aux environs de la cote 145 m 80, existe le reste d'un mur bâti dans un axe nord- sud. Ces substructions se trouvaient à 1 mètre de pro­fondeur lors de leur découverte. Elles sont construites de briques de 0 m 40 de long sur 0 m 27 de large et 0 m 048 d'épaisseur. Les joints de 0 m 02 étaient façonnés de ciment rose. Le long de ce mur l'eau coule en abondance. S'agit- il là d'une conduite de captage ?

                Les hydrauliciens divisent le plateau de Lardenne en Ardenne haute et Ardenne basse, ils précisent que les eaux plus abondantes de celle- là, de Monlong à la Cépière, peuvent parvenir au- delà du Pont- Neuf [44] . De plus, selon un mémoire du xviii ème siècle, les bains de La Régine à Bourrassol sont alimentés par une partie des eaux de la Cépière [45] , cette eau coule donc du sud vers le nord.

Observons encore que l'altimètre compensé (baromètre holosté­rique) indique que les sources de Mr Castaigne sont légèrement plus basses que celles situées sur le domaine de la Cépière.

La présence d'un aqueduc à cet endroit suppose plutôt une pente vers Purpan où les Romains auraient construit un « réservoir en charge » [46] pour alimenter, sans doute, une conduite secondaire et desservir l'habitat en direction des arènes. D'autre part, « Aux Sources », il semble que nous soyons en présence de thermes que le moyen âge a gardés sous le nom de « banhs de da Regina Pedauca [47] ».

Dernière remarque enfin, la nappe phréatique au- dessus de la couche miocène suit deux pentes, d'une part, l'inclinaison trans­versale des terrasses en direction de la Garonne et, d'autre part, la pente longitudinale de la vallée. La couche aquifère se dirige donc en fonction d'une résultante par rapport au fleuve [48] . L'eau sourd environ à 50° sur l'axe de la vallée.

Un aqueduc de captage provenant de l'avenue de Lombez et se dirigeant vers la Cépière, c'est- à- dire dans le sens nord- sud, soit une longueur de 1 kilomètre, doit être admis avec une grande réserve. Rien n'exclut cependant l'existence de tuyaux en terre cuite qui drainent des sources situées près du réservoir [49] . Il ne recevait là qu'une petite quantité d'eau [50] .

Il s'en suit enfin que la Cépière se situe à l'altitude minimum où les Romains captent les eaux pour les amener dans la ville antique.

D.      L'AQUEDUC VERS TOULOUSE (fig. 1, ibid. (Plan Jouvin de Rochefort)

a)       SON ARRIVÉE.

La conduite de captage Monlong - la Cépière, environ 5 kilo­mètres, se déverse dans le castellum. De là, un grand aqueduc collecteur traverse la route de Saint- Simon en décrivant, semble- t- il, une légère courbe [51] , longe la rue de Cugnaux du côté de la rue des Arcs- Saint- Cyprien [52] . Il s'agit d'un ouvrage remarquable; ses piliers, parementés de galets roulés, approximativement au nombre de 517 [53] , sont distants de 4 m 20 [54] sur 1 m 80 [55] de côté et portent l'eau jusqu'au château de Peyrolade. Rue de Cugnaux, 17 de ces massifs étaient encore visibles dans la seconde moitié du XIX° siè­cle; le radier de l'aqueduc aurait dépassé sur ce parcours de 3 à 5 mètres environ le niveau du sol actuel. Au départ de la Cépière, par contre, la conduite était nettement plus basse. Mentionnons aussi que le canal devait être couvert pour les raisons déjà indi­quées.

A l'occasion des travaux de terrassement pour le tout- à- l'égout dans la rue des Teinturiers, M. Pierre Fort a relevé, le 19 mai 1948, les soubassements des piliers en trois points et sur une même ligne en face des portes d'entrées des immeubles n° 18 et 20 et à l'angle de ce dernier bâtiment dans l'alignement du mur de la rue de Bour­gogne (fig. 1, ibid.). La ligne de ces massifs se présente avec un certain angle par rapport à l'axe de la rue [56] , suivant une direction vers l'est, sensiblement tangente à l'ancien mur du réservoir de Peyrolade et l'extrémité est de la- rue du Pont- Vieux; à l'ouest, vers l'entrée de la rue de Cugnaux où Chalande, au début du siècle, a remarqué un soubassement identique.

Remarquons que le parement des piliers de l'aqueduc se trouve nettement différent de la conduite de captage et des soubassements du mur du château de Peyrolade. - Ces derniers, par contre, pré­sentent une certaine analogie avec la conduite du Mirail : assises de moellons (petits cubes de 0 m 10 à 0 m 12 de côté) coupées d'arases de briques [57] . - D'autre part, les substructions de Peyro­lade ressemblent également à l'enceinte nord, est et sud- est des remparts. Les piliers auraient sans doute été remaniés et les retouches du canal du Mirail pourraient en être contemporaines. S'agit- il plus simplement d'un déshabillage de ces massifs?

Quoi qu'il en soit, l'aqueduc de plus de 3 kilomètres devait être un fort bel ouvrage [58] . Le réservoir de Peyrolade situé au sud sur l'école Lespinasse, probablement au nord de la rue des Teinturiers et à l'ouest de la rue du Chairedon, jouait certainement un rôle d'épuration et de décantation [59] . Accessoirement il pouvait alimenter le quartier de Saint- Cyprien [60] . La conduite repartait au sud de la rue du Pont- Vieux, flanquée théoriquement de 90 piliers, traversait le. cours Dillon, la Garonne par le pont de Régine Pédauque pour aboutir à la rue de la Descente- de- l'Ancienne- Halle- su- Poisson. Sur le fleuve, le radier du pont- aqueduc pouvait se trouver à une hauteur de 9 à 11 mètre [61] .

L'aqueduc servait- il en même temps de passage d'une rive à l'autre comme l'ont pensé des historiens [62] ?

L'hypothèse ne paraît pas tout au moins invraisemblable. Des chemins antiques en provenance du sud- ouest en particulier (Pyré­nées : Capvern, Dax, Saint- Bertrand), paraissent se diriger en amont du Pont- Neuf.

D'autre part, il est logique de placer le decumanus major dans la partie médiane de la cité, là où précisément pourraient se situer un ensemble d'édifices publics : théâtre et thermes (rue Peyrolière, place d'Assézat), forum et capitole (place Esquirol), castellum divisorium (place Rouaix) et temple d'Apollon (cathédrale) [63] . Ce complexe sensiblement déterminé selon un axe est- ouest, appelle nécessairement une voie importante, la plus directe de la porte Saint- Étienne au fleuve; elle ne peut se terminer en cul- de- sac à l'ouest. Une telle donnée serait contraire à la conception d'un véri­table urbanisme. - Ce chemin, cependant, serait légèrement obli­que en raison de son ancienneté. Le plan en échiquier antique aurait tenu compte en partie des voies probablement d'origine celtique [64] . La route empruntait les rues des Marchands, de la Trinité pour se diriger, par la suite, vers Croix- Baragnon. –

plan de ville romaine

Le plan de la ville (ici Cenabum, l’actuel Orléans, dont le tracé des rues est figuré en bleu) a été dessiné selon les règles formulées par les "Gromatici veteres" (recueil d'écrivains qui ont traité de l'arpentage) et, en particulier, par l’arpenteur Hyginus.

Le plan était divisé en quatre par le "cardo maximus", nord-sud représentant l'axe du monde, et le "decumanus maximus" suivant la course du Soleil de l'orient à l'occident. La croix formée par l'intersection de ces deux axes principaux était appelée "groma" (ou "gruma") (point rouge sur le plan ci-contre), du nom de l'équerre en forme de croix munie d'un axe et montée sur un piquet que l'on fichait d'abord au centre du terrain. Ensuite la "groma" était déplacée au centre de chaque quart pour le diviser à son tour en sous-multiples, chaque nouveau rectangle ainsi obtenu étant ensuite divisé de nouveau en quatre quartiers.

(C’est de là que vient notre mot « quartier »)

NB Cet encart n’est pas dans l’article original de Georges Baccrabère

D'autre part, nous ne voyons pas la raison de l'arrivée de l'aqueduc par la rue de la Descente- de- l'Ancienne- Halle- au- poisson et la tra­versée du fleuve en biais, pour venir aboutir à la place Rouaix, s'il ne servait pas un chemin. Le trajet le plus court, depuis le château de Peyrolade, serait le franchissement de la Garonne légèrement en amont du pont de Régine Pédauque, par le sud des rues de la Madeleine et du Coq- d'Inde. Cette disposition aurait, en outre, augmenté la force de résistance au courant.

Il semble, au moyen âge, que les limites des capitoulats soient déterminées généralement selon les grandes voies antiques. Ceux de la Daurade et du Pont- Vieux des deux rives de la Garonne auraient approximativement établi leur frontière, suivant l'axe du pont- aqueduc.

Autre remarque, enfin, la proportion de lieux de cultes et d'éta­blissements d'ordres religieux (Daurade et Augustins, Hospitaliers et Carmes) établis à cette époque, sur des axes parallèles au nord et au sud de la rue indiquée, signifierait des zones relativement moins urbanisées [65] dont l'origine pourrait remonter à l'antiquité.

Nous aurions là des artères secondaires. La voie principale se situerait dans l'axe supposé, prolongement du « pont- aqueduc­-passage ».

Si la conduite est dédoublée d'un chemin, comment faut- il se représenter le franchissement de la Garonne? Le rapprochement est facile à faire avec le Pont du Gard, par exemple. Le tablier du pont serait relativement bas, il. porterait une rangée d'arceaux moins larges pour conduire l'eau; l'ensemble reposerait sur une série d'arches formant viaduc.

Le pont du Gard, à 20 km de Nîmes, mesurait 50 km de long. Sa partie préservée est longue de 275 m et haute de 50 m environ.

L'eau coulait dans une canalisation (aqueduc), au sommet, supportée par les trois rangées d'arches.

La partie inférieure permettait aux voyageurs de franchir la vallée (viaduc).

NB Cet encart n’est pas dans l’article original de Georges Baccrabère

Quoiqu'il en soit, les substructions de ce pont seraient d'origine antique. Il se trouve dans le prolongement des piliers de la rue de Cugnaux, des Teinturiers et du Pont- Vieux mentionnés par le plan de Jouvin de Rochefort (fig.1 ibid) [66] . - Du cours Dillon, l'aque­duc aboutit donc à l'extrémité du quai de Tounis et la rue de la Descente- de- l'Ancienne- Halle- au- Poisson. Il déverse ses eaux dans un château destiné à alimenter la cité et vers le centre de la ville antique [67] .

Il ne semble pas cependant que le castellum puisse se situer entre la place du Pont et la rue de l'Écharpe, la rue de Metz et la rue Peyrolière, où existe un théâtre [68] : l'orientation, la nature de certains matériaux, la hauteur et la largeur des gradins [69] …, les égouts [70] laissent deviner un édifice voué au spectacle.

Vers 118 avant notre ère : Installation d’une garnison romaine à poste fixe à Toulouse. Les Romains s'installent dans un castellum. On situe cet endroit généralement vers la place Saint-Michel, non loin de la Garonne. Les Toulousains sont contraints à une forme d'alliance avec Rome.

D’après : http://perso.wanadoo.fr/palladia/chronologie.htm de Lucien SULTRA

NB Cet encart n’est pas dans l’article original de Georges Baccrabère

Il paraît, en outre, difficile selon les lois de l'hydraulique de ne pas admettre l'existence d'un réservoir à l'arrivée de la conduite pour assurer une équitable répartition de la distribution de l'eau. De toute façon, un tel procédé serait contraire aux principes romains.

Nous n'avons pas encore de données archéologiques suffisantes pour déterminer avec certitude l'emplacement de cette citerne; deux hypothèses restent en présence.

On peut essayer de la circonscrire dans un certain périmètre. En effet, le château se localiserait non loin de la dernière arche du Pont- Vieux redécouverte au début du siècle (1914) dans le sous-­sol de la rue de la Descente- de- l'Ancienne- Halle- au- Poisson (fig. 10, pl. III) [71] . L'axe probable de recherches serait sensiblement dans le prolongement de la ligne donnée par l'emplacement de ce massif et l'ancienne pile du pont de Régine Pédauque détruite, en 1949, dans la Garonne (fig. 1, Plan Jouvin..., et fig. 12, pl. III) [72] . Il faudrait peut- être y ajouter l'alignement donné par l'emplacement du château de Peyrolade.

Le réservoir se situerait- il à l'est du théâtre du côté de la place d'Assézat? Il y a là un ensemble : les substructions des maisons Maraval et surtout Toulza, par exemple, seraient indépendantes, semble- t- il, de l'édifice découvert [73] .

Mentionnons encore que la tradition médiévale aurait gardé quelque souvenir d'un castellum. En effet, on rencontre dans les registres des notaires le mot serva accompagné parfois de puteus. Ce terme a un sens. bien déterminé : locus ubi colliguntur et asservantur aquae (Du Cange). Il s'agit d'une citerne sise non loin de l'ancien pont (elle ne doit pas être confondue avec le point situé à la rencontre des rues Coq- d'Inde et des Paradoux où il y avait une autre serva) [74] . L'emploi de ce terme, pendant le xiv° siècle (1387 et 1397), disparaît au xv° après l'incendie de la ville (1463), preuve que le réservoir a dû être enseveli sous les décombres. Par la suite ce lieu devient la place Gautier- d'Aigremont [75] .

castellum divisorium retrouvé à Nîmes,

d’après http://fr.structurae.de/photos/

NB Cet encart n’est pas dans l’article original de Georges Baccrabère

Dernière remarque d'ordre topographique, la plus plausible, celle que nous retiendrons volontiers, il semble logique de placer le castellum divisorium à la place Rouaix, partie la plus élevée de la ville. Nous savons que l'eau de Lardenne parvient au niveau de ce sol antique. Ce point a été souvent considéré, au cours de l'histoire toulousaine, comme un centre de répartition des eaux [76] . D'autre part surtout, les vestiges anciens que l'on y a relevés (fondations de murs, débris de colonnes, fragments de caniveaux et de tuyaux) seraient favorables à un argument non dépourvu totalement de fon­dements [77] .

Situer autant que possible le réservoir au point le glus élevé et en direction du centre de la ville, tenir compte dans le trajet de la conduite du parcours des artères, placer enfin le château aux abords d'une voie publique pour faciliter le tracé des canalisations, paraît conforme à la technique romaine. Des villes de la Gaule telles que ; Arles, Autun, Bordeaux, Bourges, Lutèce, Lyon, Metz, Nîmes [78] ... se seraient inspirées de ce savoir- faire. A Toulouse, le castellum aurait été construit à la lumière de ces principes. En effet, la place Rouaix serait approximativement le centre de l'agglo­mération antique, ce point est le plus élevé, nous le savons; il se trouve d'autre part à un carrefour de voies supposées : le decu­manus maximus et une rue cardinale. II était donc facile de cet endroit d'alimenter en eau, par des conduites souterraines, le nord, l'est et le sud de la ville. Enfin, l'arrivée de l'aqueduc peut facile­ment s'établir depuis la rue de la Descente- de- l'ancienne- Halle- au-

poisson. Le canal aurait longé deux tronçons du decumanus major : les rues des Marchands et de la Trinité, itinéraire qui paraît le plus direct. - Quant au réservoir que nous avons supposé place Gautier- d'Aigremont, il s'agirait simplement d'un château d'eau secondaire destiné à alimenter le théâtre et son quartier. Ces deux types de monuments (réservoir et lieu de spectacle) se trouvent parfois groupés dans l'antiquité en raison, semble- t- il, d'un souci de propreté, l'eau permettait une évacuation facile des ordures.

Les thermes, présumés par Esquié, feraient partie également de ce complexe. D'autre part enfin, la présence d'une citerne impor­tante de décantation à Saint- Cyprien dispensait en ville d'un établissement de grande dimension.

b)       DISTRIBUTION DE L'EAU : HYPOTHÈSES.

Autre problème que nous nous plaisons à mentionner : est- il possible, selon nos connaissances actuelles, de savoir le mode de distribution de l'eau depuis l'aqueduc et le réservoir?

Les auteurs mentionnent deux types d'aqueducs, les uns dont le radier se situe aux environs de 10 mètres au- dessous du sol ac­tuel, tels ceux de la rue des Changes (10 m) retrouvés en 1842 [79] , rue Baronie (9 m 33) en 1850 [80] et rue de la Bourse (10 m 70) en 1869 [81] . Ces cloaques sont parallèles entre eux, distants d'une centaine de mètres et longent les grands axes antique [82] . Ceux de la rue Baronie et de la Bourse ont une direction sud- nord, tandis que celui de la rue des Changes s'écoule en sens inverse du nord au sud [83] .

Une seconde catégorie d'aqueducs dont la disposition paraît parfois différente se trouve seulement à 5 mètres de profondeur, sensiblement au- dessous du niveau du sol de la cité antique, ce qui pourrait correspondre à la hauteur de l'arrivée de l'eau en certains points de la ville. Nous sommes alors comme d'aucuns l'ont pensé (Laupies entre autres au xixe siècle), non en présence d'égouts, mais de véritables conduites distribuant l'eau dans les quartiers où les particuliers viennent s'alimenter à des réservoirs [84] .

Ces fontaines reçoivent, par exemple, les eaux des aqueducs de la rue de la Barutte [85] , de la grande rue Nazareth, des Tour­neurs [86] , des Paradoux [87] et peut- être il faudrait ajouter celui de la rue Ninau [88] .

Ces remarques permettent seulement de résoudre théorique­ment le problème de la distribution de l'eau, mais elles nous laissent en présence de sérieuses difficultés dont voici quelques données :

1° Les adductions au départ des châteaux d'eau se font à l'aide de calices étalonnés [89] où viennent se brancher des tuyaux de plomb ou parfois même des conduites en terre cuite [90] . Ces cana­lisations s'acheminent vers les concessionnaires probablement par de petites galeries souterraines ou des rigoles construites sous la chaussée [91] . Il ne peut donc s'agir d'aqueduc.

2° On ne fait pas mention de ciment de brique sur les parois intérieures des canalisations; or nous savons que les Gallo- Romains soignent particulièrement le radier et ses côtés latéraux.

3° Les aqueducs à 5 mètres de profondeur, en admettant leur origine antique (ce qui n'est pas sans laisser des doutes dans certains cas), seraient plutôt des cloaques des voies cardinales, tel, par exemple, celui de la grande rue Nazareth (16 pieds de profondeur à ce point) semble se continuer par les rues des Tourneurs et Baronie; ou l'égout de la porte Montgaillard se dirigerait vers le centre de la ville [92] , probablement rue Mage, rue Tolosane... Il y a aussi les égouts des decumani minores, la conduite de la Barutte rejoindrait la rue Baronie [93] , celui de la rue du Pont- de- Tounis pourrait être un embranchement du conduit de la rue des Paradoux [94] . - Quelques- uns semblent avoir à leur point de départ un rôle plus particulier d'assainissement : évacuer l'eau des quartiers marécageux, la collecter de certains points de la ville (nord et sud- est) où la nappe phréatique se trouve plus abondante, telle serait la conduite rencontrée dans la grande rue Nazareth, aperçue autrefois avec une certaine quantité d'eau et provenant probablement de la direction de la Sénéchaussée. A une plus grande profondeur, comme nous l'avons dit, on peut men­tionner celle de la rue des Changes.

Autre remarque, les égouts situés au sud de la ville sont géné­ralement moins profonds que ceux identifiés au nord, l'écoulement des eaux devait se faire dans le sens du courant de la Garonne. - Reconnaissons toutefois que dans leur dispersion à travers le sous- sol antique, on devine mal la fonction exacte de certains de ces cloaques. D'autre part, leur présence rue Ninau et en direction du palais du Maréchal [95] supposerait des aménagements au fur et à mesure des besoins. Leur disposition même à différentes pro­fondeurs laisserait entendre parfois des campagnes de construc­tion à plusieurs époques. Quelques autres enfin, pourraient être du moins à leur départ des conduites établies sous des voies d'origine préromaine.

4° Autre difficulté, nous ignorons encore la pente de la plupart de ces égouts. - Il est difficile quelquefois de faire la différence entre les deux types de conduites : canal d'eau potable et cloaque pour évacuation des eaux [96] .

Si ces remarques n'apportent pas de solution, elles paraissent exclure l'hypothèse que les canaux situés à 5 mètres soient des aqueducs.

D'autre part, l'importance des canalisations dans le sous- sol de la ville, soit près d'une vingtaine de points relevés, montre le soin avec lequel les Romains ont drainé les eaux usées; un tel travail fait preuve d'un souci de salubrité et d'un véritable assainisse­ment à l'exemple des besoins de l'urbanisme moderne. Mais l'en­semble de ces données suppose surtout une contrepartie : la variété et l'étendue des conduites d'eau fraîche. Celles- là ne s'expliquent que par celles- ci. Elles prouvent que Toulouse devait être pourvue, à cette période, d'un dense réseau de canaux et de châteaux pour la distribution de l'eau [97] .

E.       LES RIVERAINS DE L'AQUEDUC (fig. 1, Trajet de l'aqueduc de la Reine Pédauque).

Nous avons observé à Monlong- Château, grâce à Mr Raynaud, courant avril 1960, la présence d'une construction d'assez grande importance s'étendant sur quatre parcelles, orientée nord- sud, de 150 à 200 mètres environ à l'est de la conduite supposée et parallèle à cette dernière.

Les pièces 334, 340 et 341 de la section V 3 du plan cadastral ont livré de nombreuses tuiles à rebord, des plaques de revêtement en marbre blanc et gris de Saint- Béat (l'une à 0 m 035 d'épaisseur) ; du béton de chaux et de tuileau concassé formant sol avec la bri­que; des débris de céramiques dont deux anses, l'une ronde (haut. 0 m 017) et l'autre (haut. 0 m 014) du type 36 de Dressel présentant un « bourgeon » à sa partie supérieure. La parcelle 343, située plus au sud, a surtout livré quelques restes de construction.

Au centre de la parcelle 141 de la section A O du plan cadastral du Mirail, à une distance environ de 50 mètres de l'aqueduc, nous avons remarqué à la, surface du sol quelques tuiles à rebord, 7 fragments rouges et grossiers d'amphores ainsi que 2 débris d'anses de type vinaire; il y avait là un habitat. Même observation de tegulae à la surface des parcelles 125 et 128. - Sensiblement plus à l'ouest, Dupuis du Grez mentionne des vestiges de sépultures païennes.

Au château Reynery la pièce 170 nord a livré une pointe de culot d'amphore ainsi que quelques fragments de poterie rouge.

Divers fragments de tuiles à rebord ont apparu au sud et près du vivier du château de la Cépière.

Enfin, au sud de la villa « Les sources », nous avons remarqué une lèvre d'amphore ainsi que 2 tegulae.

Ces quelques observations laissent deviner la présence d'un habitat relativement dense [98] au niveau des deux terrasses inférieu­res du plateau de Lardenne, avec deux centres principaux : le Mirail et Monlong.

L'existence des stations antiques dans cette région contraste avec la plaine en direction de Toulouse où l'on n'a rencontré jusqu'à présent que peu de débris gallo- romains (la Faourette) [99] . La rareté proviendrait, semble- t- il, de cette partie inondable par la Garonne. D'autre part, nous devons reconnaître que le quartier de Lardenne : Monlong- la Cépière, paraît peu peuplé en comparai­son de la densité de l'habitat se situant au nord, en direction de la Garonne (les arènes, Saint- Michel- du- Touch (temple) [100] . Il semble y avoir eu là deux fonctions nettement différentes et parfaite­ment délimitées géographiquement : un ensemble de peuplement avec un rôle de divertissement et de pèlerinage et une zone hydraulique (aqueduc, thermes).

Un sentier antique longerait la conduite de captage au- dessus de la terrasse de Saint- Simon; il facilitait la surveillance de l'aque­duc et la desserte de plusieurs stations, ainsi s'expliquerait aujour­d'hui la présence du chemin de Fontaine- Lestang dans la région sud. Au nord de la Cépière, les anciens plans [101] indiqueraient la voie au bord du plateau, elle devait se prolonger en direction de Saint- Michel- du- Touch.

La présence dé l'aqueduc entraîne pour les riverains des droits et des servitudes dont il est opportun de rappeler quelques dispo­sitions. Frontin énonce d'abord un principe général : les propriétaires ne peuvent « rien placer, construire, enclore, planter, dresser, poser, disposer, labourer, semer » que conformément à la loi [102] .

En effet, on doit faciliter les réparations et protéger les conduites de toute dégradation. La violation d'une zone de 15 pieds par l'implantation de bâtiments ou des plantations d'arbres en particulier, fait l'objet d'une amende pouvant atteindre 10 000 ses­terces [103] .

D'autre part, les propriétaires doivent veiller à la propreté des alentours des conduites d'eau : enlever les arbustes, les ronces, les buissons, les talus, les murs, les haies vives de saules et de roseaux [104] .

Tout riverain qui salit l'eau ou arrose sans autorisation peut perdre la propriété de son terrain [105] et voir même la confiscation de ses esclaves [106] .

²Les constitutions impériales confirment les décisions précéden­tes, surtout à partir de Constantin, en ce qui concerne en particulier les plantations d'arbres (vignes) ou la négligence du nettoyage des canaux) [107] .

Toutefois, les propriétaires étaient dédommagée par des indemnités du fait des expropriations nécessaires, par des exemptions de charges extraordinaires et surtout par la possibilité de puiser l'eau à l'aqueduc sana toutefois recourir aux moyens mécaniques et aux prises dans les conduites [108]

Remarquons enfin que ces dispositions légales sont spécialement destinées à Rome. Il est difficile de savoir dans quelle mesure elles s'appliquèrent dans les villes de la Gaule. Cependant, les cités de province prenaient modèle sur la capitale de l'Empire et s'inspi­raient de ses méthodes. Il est donc permis de penser qu'il y avait à Toulouse une similitude dans l'ensemble des prescriptions et des

sanctions pénales.

IV. - ESSAI DE DATATION :

COMPARAISON AVEC L'APPAREIL DES REMPARTS DE LA VILLE

Au terme de cette description il convient, semble- t- il, de cher­cher à préciser le plus possible la période de construction de la con­duite du Mirail.

L'ensemble des joints de mortier relativement minces et la présence d'arases de briques paraît conférer à l'aqueduc la période du Haut Empire. Mais l'emploi de fragments de briques triangulaires comme assises à l'intérieur des piédroits, ainsi que l'emploi de moellons tantôt carrés, tantôt allongés, en somme un manque de régularité de l'ensemble, supposerait une date posté­rieure. D'autre part, l'utilisation de galets laisse présumer une certaine pénurie de matériaux. Pouvons- nous rapprocher l'aqueduc de l'époque des remparts? Une comparaison avec quelques vestiges

de l'enceinte nous aiderait à mieux déterminer la date de ce monu­ment.

En avril 1963, au n° 26 de la rue du Rempart- Saint- Étienne, Mr Pierre Fort, architecte, nous signale, par l'intermédiaire de Mr le Professeur Labrousse, la présence d'un vestige gallo- romain mis au jour lors d'une fouille pour la construction d'un immeuble.

Cette partie des remparts se trouve être du même type que celles que l'on a mentionné plusieurs fois, par exemple, place du Capitole et, récemment, Lycée Pierre- de- Fermat. - Il s'agit ici d'un soubassement d'une tour creuse de l'enceinte, non en forme de fer à cheval comme nous l'avions pensé au début de la. fouille, mais d'une disposition polygonale assez peu commune. En effet, elle présente à l'extrémité des courtines, soit en dehors de la ville, deux murs parallèles qui se terminent par trois pans coupés. Ils forment entre eux des angles intérieurs de 135°. Toutefois nous n'avons aperçu que deux massifs de ce polygone. Il est permis de sup­poser le troisième par convenance géométrique [109] .

A.      LES MOELLONS

A la partie intérieure de cette tour, le côté que nous étudions seulement ici, sur une hauteur de 1 m 35, nous remarquions le parement de moellons coupé à 0 m 72 de la base par un triple chaînage de briques qui traverse le blocage dans sa largeur. Ces moellons en miliolithe des Pré- Pyrénées ou du Plantaurel mesurent, les plus petits 0 m 085 environ de côté, les plus grands 0 m 185 de long sur 0 m 10 de haut. Ils possèdent une queue de 0 m 15 à 0 m 25. Ces données correspondent dans l'ensemble aux dimensions des moellons des piédroits de l'aqueduc. Ces derniers présentent cependant une base sensiblement plus allongée. - Observons en outre, que les 4 rangées supérieures de pierres en partie de marbre remployé de Saint- Béat, du rempart, sont plus hautes que les 7 assises inférieures. D'autre part, celles- ci ont des bases plus longues se rapprochant davantage de la conduite du Mirail. - Les deux types de construction de la tour présentent la même technique mais probablement appliquée par des ateliers ou des équipes diffé­rentes de limousinants.

B.       BRIQUES ET JOINTS

Les briques mesurent 0 m 33 de long, 0 m 23 de large et 0 m 04 d'épaisseur. - Les joints présentent une moyenne de 0 m 01 à 0 m 02, ils sont lissés au fer. Ceux de la maçonnerie de l'aqueduc sont sensiblement les mêmes, cependant, à la rangée supérieure des moellons du piédroit, ces joints semblent moins épais, il n'y a pas eu de retouches. - Remarquons en outre, que les briques sont légèrement plus longues (0 m 375) que celles de l'enceinte. D'autre part, au rempart nous avons une triple arase de briques d'une épaisseur de 0 m 15 et disposée dans la partie médiane de la maçonnerie. Ici il y a également les trois assises mais réparties dans la hauteur du piédroit : une au centre et deux aux extrémités. Cette dernière disposition du matériau est une des caractéristiques importantes de la construction.

C.       MATÉRIAUX DE BLOCAGE

Cette partie de la tour est constituée par des fondations circulaires (1 m 25 de haut sur 1 m 80 de large et une semelle dépassant jusqu'à 0 m 40) composées d'un blocage de débris calcaires (moellons), de mortier et de galets concassés d'une moyenne de 0 m 10 de côté. - Ces substructions reposent sur un limon jaune (1 m 80 d'épaisseur) provenant du ruissellement du coteau situé à l'est du plateau central (place Rouaix). Au- dessous se trouve le cailloutis et la nappe phréatique. - Cette maçonnerie ressemble au remplissage des parois extérieures de la conduite.

Par contre, le blocage de l'aqueduc se trouve partiellement différent du soubassement du rempart que nous avons observé 23, place Saint- Jacques (dans le prolongement de la rue de même nom) en septembre 1962. Nous trouvons ici un emploi de gros galets roulés pouvant atteindre la grosseur de la tête, soit un volume de 0 m 22 de long, 0 m 18 de large et 0 m 15 de haut. On rencontre rarement de tels galets au Mirail. Les murs de la conduite ne dépassent pas 0 m 45 à 0 m 50, ils ont sensiblement l'épaisseur de la longueur de la brique. D'autre part, il faut tenir compte ici des matériaux de parement. Dans l'enceinte, au con­traire, il s'agit d'un tout autre type de maçonnerie. Les deux faces présentent deux murs parallèles en briques de 0 m 40 à l'intérieur desquels on a disposé 1 m 60 de blocage sur une épaisseur totale de 2 m 40. Dans le ,cas présent il n'est pas nécessaire de considérer le volume des matériaux employés. La solidité se renforce, en outre, par deux chaînages de 5 rangées de briques disposés horizon­talement en surface et à la base, soit à une distance de bas en haut de 1 m 40; l'ensemble de la construction atteint une hauteur totale de 3 mètres. Il n'y a pas de fondations, le tout repose sur un sol de nature graveleuse. Sur toute la hauteur de ce soubasse­ment on aperçoit des amorces d'assises de briques [110] excepté au centre où une rangée traverse la maçonnerie de part en part. Les joints enfin de 0 m 015 et 0 m 020, ne ressemblent nullement au travail plus soigné de l'aqueduc et des substructions de la tour du Rempart- Saint- Étienne.

Place Saint- Jacques, nous avons une oeuvre peut- être faite à la hâte, en tout cas hétérogène. Il s'agirait d'une campagne que l'on peut penser tardive.

En résumé, l'aqueduc se présente selon une construction analo­gue à celle de la tour de la rue du Rempart- Saint- Étienne, procédé semblable également à de nombreuses autres parties de la muraille que l'on attribue habituellement à la fin du III° siècle ou au début du IV° [111] .

Toutefois, le revêtement de moellons avec chaînage de briques appartiendrait au type de parement des II° et III° siècles [112] . Il semble donc logique (d'après l'ordonnance des matériaux, épaisseur des joints) de rapporter la construction de la conduite à une date antérieure : probablement la seconde moitié du ir siècle ou le commencement du III°. On ne saurait trop lui attribuer une époque postérieure à la deuxième moitié du III° siècle. En effet, la plupart des aqueducs datent de la période de prospérité du siècle d'Auguste et du temps des Antonins [113] ; rarement on rencontre de telles oeuvres au Bas- Empire, les cités possèdent alors leur alimentation en eau. Il paraît tout à fait raisonnable en ce temps de paix, du moins dans la Narbonnaise, que les villes se soient souciées d'abord de se donner leur aqueduc plutôt que de se construire des remparts.

D'autre part, nous venons de le mentionner, le parement de moellons coupé de rangées de briques apparaît avec Adrien (117-­138). L'empereur voyage, visite les provinces [114] et pourvoit les cités en eau « aquarum... ductus infinitos [115] ». L'impulsion que donne ce maître architecte, ne serait pas étrangère au désir du sénat municipal toulousain d'entreprendre la construction d'une grande conduite comme les autres municipes.

Enfin, il semble difficile d'admettre l'hypothèse que l'une des villes des plus florissantes de la Narbonnaise ait attendu la fin du III° siècle pour se construire son aqueduc digne d'une civitas [116] attendu que l'ensemble des cités de la Gaule possèdent le leur [117] .

Mentionnons pour terminer, que la ressemblance du revê­tement des parois internes de l'aqueduc et de nombreuses parties de l'enceinte nous invite à considérer une autre donnée. Cet essai de datation de la conduite du Mirail rendrait possible, du moins a priori, de reculer l'époque de la construction du rempart et lui conférer une date sensiblement plus ancienne. Comme l'aqueduc, les fortifications ont pu être construites dans la seconde partie du II° siècle ou au début du III° [118] . II y aurait eu en ce cas plusieurs campagnes relativement éloignées les unes des autres dont la plus ancienne daterait du Haut Empire (26, rue du Rempart- Saint-­Étienne... ) pour se terminer, semble- t- il, à l'époque des premières invasions à la fin du III° siècle ou au commencement du IV° siècle [119] (mur de l'Institut catholique..., ouverture place Saint- Jacques (?).

Si d'autre part, nous comparons, par exemple, la disposition des éléments de construction : moellons, briques, épaisseur des joints, nous constatons que la muraille de Toulouse, du moins dans sa partie est, présente une remarquable supériorité dans l'ordon­nance des matériaux, au regard des remparts du sud- ouest comme Bayonne, Dax, Saint- Bertrand- de- Comminges, Saint- Lizier... qui seraient de Basse Époque. Ces différences permettraient de confé­rer une date antérieure aux fortifications de Toulouse. Elles seraient soit contemporaines de la conduite du Mirail ou, ce qui est plus probable, sensiblement postérieures. En effet, il est logique de penser que les municipes toulousains se sont souciés d'abord, en temps de paix, à se pourvoir en eau avant de se construire des remparts. Toutefois, reculer la date de cette entreprise au Haut Empire semblerait possible; la richesse de l'appareillage rappelle­rait la technique de la Haute Époque. Nous savons enfin que la maçonnerie de parement de moellons coupé de chaînages de briques convient particulièrement au III° siècle [120] . - Reconnaissons cepen­dant que traditionnellement les auteurs rapportent l'édification de la muraille toulousaine à la fin du III° ou début du IV° siècle, donnée plus conforme à la vérité historique.

CONCLUSION

L'aqueduc nous laisse en présence de nombreuses incertitudes à résoudre : distribution de l'eau en ville, situation topographique du réservoir à l'arrivée de la conduite, présence des regards de visite à l'intérieur du canal, existence du château de la Cépière, rôle de celui de Peyrolade et, surtout, le point exact de l'origine de la rigole de captage. Quelques jalons cependant sont acquis. Le trajet se trouve relativement établi entre Monlong- Château et la Cépière soit une longueur moyenne de 5 kilomètres et un parcours total de 8 km 700 environ jusqu'à Toulouse.

Nous connaissons également les caractéristiques de sa construc­tion. A la base, un canal composé de mortier et de gravier concassé sur lequel repose une couche d'enduit de tuileau de brique pour éviter, sans doute, les suintements de l'eau. Les piédroits sont parementés d'arases de briques et d'assises de moellons. Une voûte de briques en plein cintre couronne le tout. La conduite a une profondeur intérieure de 1 m 15 et une largeur de 0 m 65 au- dessus de la rigole d'eau. Ces mesures présentent cependant des variantes de quelques centimètres.

L'ensemble possède une grande homogénéité. Cependant on constate l'existence de réparations à la surface des piédroits et des retouches à certains endroits, à la cuvette en particulier aux pério­des postérieures.

D'autre part, la nature des matériaux employés aux piliers de l'aqueduc près de la rue de Cugnaux, assemblage « de cailloux roulés, noyés dans un mortier très résistant » [121] analogue aux piliers des anciennes arènes de la Flambère, laisse présumer un remaniement ou un déshabillage. Avec cela, la conduite du Mirail se distingue de ces mêmes massifs ou autres monuments de la ville, tel par exemple, le. théâtre à proximité du Pont- Neuf où l'on rencontre surtout, dans la construction, l'emploi de blocages composés de galets de Garonne et des parements de briques avec quelques revêtements de marbre; la pierre n'intervient qu'exceptionnellement.

La conduite de captage par contre, se rapproche du type de substructions du château de Peyrolade et de certaines parties de l'enceinte de la ville dont les murs possèdent les mêmes caractères, comme les soubassements d'une tour polygonale avec les courtines mises au jour rue du Rempart- Saint- Etienne.

Une telle construction conforme aux principes des II° et III° siè­cles, permettrait, jusqu'à plus ample informé, de dater l'aqueduc de la seconde moitié du II° ou au début du III° siècle. Sa durée en service peut correspondre à une moyenne de 100 ans puisque nous avons remarqué à la surface du canal de la céramique du IV° siècle.

La découverte de cet ouvrage permet de préciser quelques points de la topographie antique de Toulouse et apparaît comme un des éléments importants de son histoire.

Il signifie en premier lieu l'implantation définitive de la cité et son enracinement dans le terroir. En effet, les Romains tiennent compte, lors d'une fondation de ville, de trois principes d'urba­nisme : l'exposition, l'air et l'eau. En ce qui concerne cette dernière Vitruve demande à ses compatriotes de se conformer au jugement des anciens qui regardent l'état des foies des animaux pour juger de la salubrité des sources. Si ces foies sont gâtés, ils en concluent à la même conséquence chez les hommes. En ce cas, l'eau et la nourriture sont mauvaises. Si au contraire les foies se présentent fermes, ils présument de la bonne qualité des pâturages et de l'eau [122] . Les sources qui sourdent du plateau de Lardenne ne pou­vaient qu'encourager les Romains à établir une cité dans un site voisin.

La construction de l'aqueduc indique en outre un souci de bien être, un besoin d'hygiène, de luxe même; donner à la ville le maxi­mun de salubrité, permettre en particulier l'évacuation constante des immondices des égouts, assurer enfin la sécurité contre les incendies [123] . Le débit peut s'évaluer aux environs de 32 000 m3 en 24 heures. Cette masse d'eau signifie au reste l'existence d'un urbanisme, mieux encore la présence d'une économie générale par­faitement organisée et d'une ville qui devient importante. C'est un signe d'épanouissement et de croissance. C'est le bel âge de la Toulouse romaine. La population augmente avec la paix du II° siècle et la cité s'agrandit; à la fin du III° nous aurons une superficie de 90 hectares. La ville devient un centre agricole et commercial important. Le passage de la Garonne et les nombreuses voies de communication qui y aboutissent, le laissent suffisamment sup­poser [124] . Plus encore, les auteurs anciens le mentionnent : Strabon à la fin du I° siècle avant Jésus- Christ, rapporte le témoignage de Posidonius; Toulouse transite les denrées et d'autres produits nécessaires à la consommation. Il vante l'abondance et la variété des produits agricoles de la plaine toulousaine [125] . Pomponius Mela, quelque temps après, fait de Toulouse la cité la plus prospère de la Gaule narbonnaise [126] . Ces témoignages concordent pour indiquer que la ville se développe et s'enrichit. Elle est donc capable d'entre­prendre de grandes oeuvres de construction nécessaires à sa fonc­tion urbaine et dignes de sa prospérité : l'aqueduc de Lardenne.

La présence de cette conduite, prouve en outre que la cité pos­sède en son sein une industrie locale de bâtiment florissante et pourvue d'une main- d'oeuvre qualifiée et nombreuse; l'élément mili­taire dût y collaborer pour une part [127] . Entreprise énorme faite avec grand soin car les Romains ne ménagent rien pour ce qui est de l'eau. S'ils utilisent des milliers de moellons provenant des Petites Pyrénées, ils emploient presque tout autant de galets à tailler [128] , ils extraient des tonnes de chaux, concassent le gravier et façonnent la brique pour des kilomètres de canal.

Le tour de main des ingénieurs consiste à capter l'eau sur une courte distance, c'est un véritable exploit si on le compare avec la longueur de certains aqueducs de la Gaule [129] . Toutefois Toulouse n'est pas une exception [130] . Ce type de captage paraît cependant relativement peu commun.

Les techniciens romains ont usé d'une adresse remarquable en utilisant au maximum la nature du terrain : disposer l'aqueduc au niveau de la nappe phréatique par un système de sinuosités comme s'il allait à la recherche de l'eau. Les sources sourdent tout au long du parcours par des griffons disposés au- dessus de la cuvette et au niveau des deux premières rangées de moellons.

Remarque non moins importante, la compétence des ingénieurs consiste à faire parvenir l'eau au point le plus élevé de la ville antique, cette adresse suppose de la part des libratores une connais­sance approfondie de l'hypsométrie et de l'hydraulique; habileté à laquelle les plus compétents des géomètres- niveleurs modernes n'auraient que des changements insignifiants à faire. Enfin, la traversée de la rive gauche du fleuve probablement en partie maréca­geuse, peut- être même inondée, et le franchissement de la Garonne, n'étaient pas sans poser de sérieuses difficultés.

Autre constatation, la conduite de captage se trouve enfoncée dans le sol; c'est ce qui a retardé d'une part sa redécouverte, mais ce qui permet surtout sa relative conservation [131] . En effet, nous remarquons qu'au fur et à mesure que l'on approche de la ville, les vestiges archéologiques deviennent plus rares à la surface. Au contraire, à partir d'une certaine distance de l'agglomération, les restes gallo- romains apparaissent facilement. Ceci pour dire, qu'au moyen âge et jusqu'à l'époque moderne, les Toulousains n'ont pas hésité à remployer les matériaux antiques qui se trouvaient sur place. La région est pauvre en éléments de construction. On emploie d'abord les vestiges des ruines, telles par exemple les briques de la voûte de l'aqueduc utilisées dans les canalisations d'eau au Mirail [132] .

Alors que l'édification des remparts représente une tactique guerrière de défense, symbole peut être d'une oeuvre conquérante ou d'un esprit envahisseur, la conduite de Lardenne au contraire, fait figure d'un remarquable exemple d'esprit de pacification et marque le triomphe d'une grande civilisation.

 

Voir aussi => L'aqueduc de la Régine (un texte de Pierre Salies)

Vocabulaire

[ajouté par Dr Bernard Auriol]

arase

(de briques)

barbacane

Ouverture étroite et verticale ménagée dans un ouvrage pour faciliter l'écoulement des eaux d'infiltration. Cette acception est moins connue que lorsqu’il s’agit d’un ouvrage avancé défendant l’accès d’une  porte fortifiée.

Bazin 

Le diamètre du collecteur Q est donné par la formule de Bazin :

Avec à Q : débit (m³/s) ; R : rayon hydraulique moyen ; i : pente ; Y : coefficient de rugosité

blocage

Mélange grossier de cailloux et de mortier remplissant l'intervalle entre les deux parements d'un mur.

boulin

Traverse supportant un échafaudage

cailloutis

Ouvrage fait de cailloux. De même, cailloutage, « Grotte de cailloutage ».

castellum

Caserne romaine

castellum divisorium

Château d’eau

chaînage

Système d'armature en briques,  en béton, en fer ou en bois, noyé dans l'épaisseur des murs afin d'empêcher l'écartement et la dislocation des maçonneries. C’est donc un ensemble de briques cimentées qui permet d’assurer la cohésion des éléments de constructions ainsi unis.

chorobate

Instrument de mesure de dénivellation : il mesure environ 6 m [133] de long.

courtine

Terme venant du latin " cortina "et désignant une tenture. Au Moyen Age il s’agit d’un pan de mur compris entre deux tours.

danien

de Dania = Danemark. Etage le plus ancien de l'ère Tertiaire (Crétacé terminal)

decumanus

« Decumanus major (ou maximus) » orienté grossièrement est-ouest est un des deux grands axes de la cité romaine avec le « cardio maximus » qui lui est orienté nord-sud. Ces artères principales partagent la ville romaine en quatre “quartiers” grâce au croisement du Decumanus et du Cardo. Chacun des quartiers sera lui-même divisé en quatre, etc.

Dressel

À partir des amphores de Rome, le chercheur allemand Heinrich Dressel a établi dans les années 1890 une typologie de ces récipients : chaque type d’amphores porte donc son nom suivi d’un numéro. La table de Dressel reste encore aujourd’hui en grande partie valable.

engobe

L'engobe semble désigner plusieurs concepts et pratiques. On désigne souvent par ce terme une terre colorée qui sert dans le traitement des céramiques mais il semblerait qu'il est aussi employé dans le traitement général des terres. Bien souvent, l'engobe ne teinte pas la masse d'une terre. Il est ajouté.

extrados

Surface supérieure d'une voûte ou d'un pont

griffon

Jaillissement d’une source

holostérique

Du grec holos, entier et stereos, solide : cette dénomination rappelle qu' il n'entre dans la construction de ces baromètres que des matières solides, ce qui les différencie des baromètres à mercure (Naudet, 1860).

hypsométrie

Elévation par rapport au point d'altitude zéro, correspondant au niveau repérable des plus hautes marées, mesurée au moyen d'un niveau ou d'un théodolite.

libratores

Spécialistes romains qui avaient la charge de surveiller les aqueducs publics ; ils devaient faire toutes les recherches nécessaires, lever les niveaux des différentes sources, régler les dimensions des tuyaux qui transportaient une certaine quantité d'eau du réservoir (castellum) dans les différents établissements et maisons de la ville, de manière que personne ne pût s'en approprier une quantité plus considérable que celle qui lui était légalement due ; on arrivait à ce résultat en calculant la quantité qui, dans un temps donné, pouvait être fournie par un tuyau d'un certain diamètre (Plin. Ep. X, 70 ; Frontin, Aq. 105).

Page d'accueil  D’après le Dictionnaire des antiquites romaines et grecques de Anthony Rich (3e ed. 1883)

limousiner

maçonner des moellons

moellon

Pierre de construction maniable en raison de son poids et de sa forme.

municipe

cité annexée par Rome dont le statut juridique particulier était supérieur à celui des cités pérégrines réputées étrangères et sujettes. Les municipes sont des cités originellement pérégrines, mais dotées d'institutions de type romain. Dans la pratique, ils sont très proches des colonies romaines. Leurs habitants sont citoyens romains de plein droit.

mura

Proche de murus (qui est masculin) qui désigne le mur d’une ville, un rempart. Le terme « mura » est employé notamment en Vieux Haut Allemand.

parement

Face visible d’un mur, fait de pierres de tailles.

phréatique

La nappe phréatique est l'aquifère souterrain que l'on rencontre à faible profondeur et qui alimente traditionnellement les puits en eau potable. Par nappe, on entend la partie saturée du sol, c'est-à-dire celle où les interstices entre les grains solides sont entièrement remplis d'eau, ce qui permet à celle-ci de s'écouler. Au-dessus, on peut trouver des terrains non saturés, dans lesquels les interstices contiennent aussi de l'air. (d’après Wikipédia, Juillet 2005)

piédroit

Montant vertical encadrant un portail

puteus

Puits

radier

Dalle

serva 

Citerne (locus ubi colliguntur et asservantur aquae)

substructions

Les elements à la base d’une structure, les foundations de cette structure ou le soubassement des foundations, de la base construite.

tegulae

tuiles

tuileau

Fragment de briques, de tuiles de terre cuite pilées.

vivier

Réserve d'eau, artificiellement délimitée, (destinée à contenir des poissons).

   
 

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dernière mise à jour le

30 Octobre 2005

 



[1] Bibliographie se rapportant directement à l'aqueduc : D'Aubuisson de Voisins, Histoire de l'établissement des fontaines à Toulouse, dans Mém. Acad. sciences Toulouse, t. 2, 1° part., 1830, p. 161; Maurice Broëns, Essai de topographie antique de Toulouse, Extrait des Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, t. 4, 2° part., Paris, 1931, pp. 21- 22; Catel, Mémoires de l'Histoire du Languedoc, Toulouse 1632, pp. 126­-127; J. Chalande, Aqueduc romain de la Régine, dans Bull. Soc. Arch. Midi de la France.- n° 42, 1913- 1914, p. 172; Id., La première arche du Nat- Vieux, dans ibid., t. 42- 43, 1914, pp. 327- 330; Id., Histoire des rues de Toulouse, Le Pont de Régine Pédauque, dans Mém. Acad. sciences Toulouse, 11° s., t 3, 1915, n° 65, pp. 156- 157; Id., Histoire des rues de Toulouse, III, Capitoulat du Pont- Vieux, dans ibid., 11° s., t. 6, 1918, entre n° 180 et 181 p. 228; Id., L'aqueduc romain de Régine Pédauque, dans Journal de Toulouse, 27 mars 1921; Id., L'amphithéâtre-réservoir du Pont- Vieux, dans ibid., 3 avril 1921• Id., Le quai de Tounis, dans ibid., 27 avril 1924 Jean Coppolani, Toulouse, étude de géographie urbaine, Toulouse, 1954, p. 25; R. Corraze (abbé), Lardenne,  Gardiage de Toulouse, Toulouse, 1939, pp. 32- 33; Al. Dumège, Histoire des Institutions religieuses... de la ville de Toulouse, t. 4, Toulouse Chapelle, 1846, p. 124; Id., Mémoire sur les monuments romains attribués, dans Toulouse, à la Reine aux pieds d'oie; ou à Regina pé d'auca, dans Mém. Acad. sciences Toulouse, 3° s., t. 3, 1847, pp. 170- 171; Id., Sur quelques monuments antiques découverts dans les départements de l'Hérault, du Tarn et de la Haute- Garonne, dans ibid., 4° s., t. 2, 1852, p. 56; Id., Archéologie pyrénéenne, t. 2, 2° part., Toulouse, 1860, p. 274; Dupuis du Grez, Histoire de Toulouse 1713, fol. 121; Id., Historia Tolosae, 1718, fol. 184, 185; Esquié, Note sur des constructions anciennes récemment mises à découvert dans la ville de Toulouse, dans Mém. Acad. sciences Toulouse, 7° s., t. 3, pp. 320, 321, surtout note 1; J. de Lahondès, Les monu­ments de Toulouse, Toulouse, 1920, p. 13; J. de Malafosse, Le château Narbonnais..., dans Rev. Pyrénées, t. 8, 1896, p. 348; H. Mandoul, Les eaux d’alimen­tation de la Ville de Toulouse, Paris, 1898, pp. 41- 44; De Montégut, Recherches sur les antiquités de Toulouse, dans Mém. Acad. sciences Toulouse, t. 1, 1782, p. 87; Ed. de Planet, Fontaines publiques, Ancienne et nouvelle distribution d'eau à Toulouse, dans ibid., 6° s., t. 4, 1866, p.443; Id., Les fontaines publi­ques de Toulouse, Toulouse, 1889, p. 25; De Saget, Mémoire au sujet des Bains de Régine Pédauque (24 mars 1768), dans Mém. copiés Acad. sciences Toulouse, t. 7- 8, fol. 422; H. Ramet, Histoire de Toulouse, Toulouse, 1935, p. 20; C. Rou­meguère, Répertoire archéologique de la Haute- Garonne, Toulouse, 1859, ma­nuscrit; Ph. Wolff, Histoire de Toulouse, Toulouse, 1958, p. 34.

[2] P. Salies, Sainte- Marie- des- Anges, église des Récollets..., Toulouse, 1956, p. 30.

[3] Ces recherches sont dues à une collaboration d'un groupe d'amis. Le R. P. Grabié, supérieur de la maison N.- D. du Mirail, a facilité ce travail en nous autorisant des sondages dans le parc. Merci à l'équipe de jeunes terrassiers : J. Guell, R. Pellizzari, P. Séré et S. Torrès. Nous ne saurions trop exprimer notre gratitude à M. L. Courtiade, chef de Section au bureau de l'Arrondissement d'études des Ponts et Chaussées, pour son apport technique.

Toute notre reconnaissance également à M. Boy, directeur au Laboratoire régional des Ponts et Chaussées, ainsi qu'à ses collaborateurs, en particulier M. Malbosc, chef de Section du Service du béton. Nous ne pouvons oublier M. Janote, adjoint technique du Service de l'assainissement à la Ville, et MM. les surveillants de Travaux, pour l'amabilité qu'ils nous ont si souvent témoignée. Merci encore aux chefs- pilotes de l'Aéro- Club du Languedoc, en compagnie desquels nous avons réalisé quelques observations aériennes. M. le professeur Astre, M. Pierre, Fort, architecte, et M. Pierre Salies ont eu la bonté de nous donner quelques conseils, ainsi que M. G. Fouet pour la datation de la céramique. On ne saurait enfin passer sous silence la sollicitude de M. le professeur Labrousse, directeur des Antiquités historiques. Que tous ceux enfin qui nous ont manifesté quelque dévouement trouvent ici l'expression de nos plus sincères remerciements.

[4] 4. A. Desguine Au sujet de l’Aqueduc romain de Lutèce, dit d'Arcueil-­Cachan, Paris, 1948, p. 10.

[5] C. Germain de Montauzan, Les aqueducs oentWpes de Lyon, Étude comparée d'archéologie romaine, thèse, Paris, 1908, p. 281.

[6] « Et que, surtout le fond, on élève une maçonnerie aussi solide que possible m III, 4, dans Aug. Choisy, Yvtrwve, t. 2, Paris, 1909, p. 143.

[7] 7. Quelques autres échantillons d'essais à l'écrasement : mortier de blo­cage à l'intérieur d'une pile de l'aqueduc de Gier à Lyon, 120 kg/cmz; revête­ment de cuvette du même aqueduc (ciment de tuileau), 110 revêtement des parois de la cuvette de l'Anio nurnnLS, près de 'I'ivoli 47 (cf., Germain de Mon­tauza.n, op. eit., p. 269) ; mortier de l'aqueduc de Lutèce, dit d'Accueil- Cachan

résistance 42 kg/emz, densité 1,640 kg/cm2 (cf., Desguine, op. ait., p. 11).

[8] Émile Fspérandieu, Le Pont du liard et d'aqueduc de Mmes, Paris, 1926, p. 29.

[9] 9. Adr. Blanchet, Recherches sur les aqueducs et les cloaques de la Gaule romaine, 1908, p. 39; Frontin, dans P. Grimal, Les aqueducs de la ville de Rome, Paris, 1944, n°" 75- 76, au sujet des fraudes il dit : « ... la plupart des propriétaires dont les champs sont longés par un aqueduc perforent les canalisations, si bien que les conduites publiques suspendent leur route pour les particuliers ou même le service des jardins ! », plus loin il ajoute : « ... les champs sont arrosés, les tavernes, les cabanons même (petites maisons de plaisance dans les jardins de la banlieue romaine et celles des villes proven­çales), toutes sortes de mauvais lieux enfin sont pourvus de fontaines coulant sans arrêt, comme je l'ai constaté ».

[10] Belgrand, Les travaux souterrains de Paris, les eaux, l'° .part., Paris, 1875, p. 210. - Le croquis des griffons est repris par Germain de Montauzan, op. oit., p. 145; G. Souville, Volubilis, le collecteur principal du decumanus maximus, dans Bull. arch. marocaine, t. 2, 1957, pp. 175, 179, fig. 3, présente un type analogue.

[11] Blanchet, op. oit., p. 14.

[12] P.- A. Février, Les appareils des murs romains de fjus, dans Rev. étud. Ligures, n°" 2- 4, avril- déc., 1956, pp. 158-159, fig. 6 et 7.

[13] Belgrand, op. oit., p. 21; Blanchet, op. cit., p. 13; Germain de Montauzan, op. cit., .p, 280.

[14] Ch. Daremberg et Edm. Saglio, Dictionnaire des antiquités..., t. I, Paris, 1873, pp. 339- 340 ; Frontin, 18.

[15] Mesure effectuée à l'aide d'un niveau à eau prise sur le radier et une longueur de 10 mètres. Nous remercions M. Moise Bacou, entrepreneur de bâti­ment à Lauzerville, d'avoir eu l'amabilité de nous prêter son gracieux concours.

[16] Vitruve, De Architectura, V, 1.

[17] 17. Des aqueducs de la Gaule sont loin d'avoir la pente du Mirail. A titre d'exemple mentionnons

Nîmes

0,0003 par mètre avec un minimum 0 m 00007.

soit 0 m 342 et 0 m 071 par km

Antibes

0,0004 par mètre

0m 41   au km

Rodez

0,0005 par mètre

0m 50   au km

Évreux

0,0008 par mètre

0m 854 au km

Arcueil

même écoulement que celui du Mirail

soit 0m 001 et 1m00 au km

Vienne

0,0016 par mètre

1m,16 au km

(Cf., Germain de Montauzan, op. cit., pp. 171- 172.)

[18] R=Rayon moyen ; i=pente ; Y=coefficient de rugosité ; V=vitesse moyenne ; Q=débit.

[19] D'autres calculs ont été obtenus pour le débit dont le niveau d'eau était de 0 m 17, ont obtient 37 l.s..; au niveau de la partie supérieure de la cuvette, soit 0 m 34, 105 l.s.; à 0 m 50 du radier on a trouvé 174 l.s.

[20] Voir plus bas, notes 39 et 43.

[21] Comparons avec quelques aqueducs

Relevons également les canaux de Rome

(Cf., Belgrand, op. cit., pl. 2; Germain de Montauzan, op. cit., p. 337.)

[22] 22. Mentionnons quelques caractères hydrologiques de l'eau de l'aqueduc. - La couche phréatique de Lardenne provient, semble- t- il, en grande partie de l'infiltration résultant des précipitations atmosphériques à travers un ter­rain perméable formé d'une couche caillouteuse au- dessus des terrains argi­leux (cf., A. Leymerie Description physique et géologique des Pyrénées, de la Haute- Garonne et du pays toulousain, Toulouse, 1881, p. 41). - D'aucuns pensent qu'il y aurait en amont des infiltrations fluviales de la Garonne. II se produit ainsi une poussée à l'intérieur de cette abondante nappe aquifère dont les points de résurgence peuvent varier de plusieurs mètres; ce qui expliquerait l'apport de sable dans certaines sources de la Fourguette (cf., H. Mandoul, Les eaux d'alimentation de la ville de Toulouse, Paris, 1898, p. 30). Il ne faudrait pas s'étonner dans ces conditions de la présence d'une couche de sable fin à la surface du radier de l'aqueduc.

L'eau se trouve être de très bonne qualité. Pour preuve, nous n'en voulons qu'une analyse bactériologique faite le 30 janvier 1962, chez M'"° Maria Daydé, 72, chemin Lestang, par l'Institut de bactériologie et d'hygiène de la Faculté de Médecine de Toulouse.

Conclusion : eau très bonne.

A la même époque on fit une analyse chimique générale pour les cressonnières de Mm" Daydé. On obtint les résultats suivants

Conclusion : eau de composition chimique normale (voir également l'analyse chimique des sources de Clairfont, cf. Mandoul, op. oit., pp. 213- 215).

Il s'agit d'une eau claire et très limpide ayant une température moyenne de 13 à 14`. On ne remarque pas de traces de calcaire, elle ne devait donc pas laisser de sédiments sur les parois de la conduite comme c'est le cas par exem­ple de l'aqueduc du Pont du Gard (cf., Espérandieu, op. oit., pp. 49 et suiv.). Au contraire, comme nous l'avons dit, c'est une eau cariante en raison peut- être de sa pureté, possédant peu de minéralisation; elle dissout les bases qui se rencon­trent dans les roches, en l'occurence les moëllons. D'autre part, les riverains constatent, en certains endroits, que cette eau laisse à l'air libre un précipité ocreux à la surface du gravier; elle serait légèrement de nature ferrugineuse et exerce un effet corrosif sur le fer.

[23] J. Coppolani, Toulouse, étude de géaglywhie urbaine, Toulouse, 1954, p. 309; G. Saint- Blancat, L'alimentation. en eau potable de la Ville de Toulouse, extra. du Bull. Municipal, s. d. - En 1886, la Ville recevait 20 000 ma, en 1827 4 000 ma seulement. Durant l'époque moderne, il n'y avait qu'une fontaine principale en ville, celle de Saint- l:tienne, avec 40 à 60 000 1. (cf., E. de Planet, Ancienne et nouvelle distribution d'eau à Toulouse, dans Mém. Aoad. sciences Toulouse, 6` s., t. 4, 1866, p. 444). Cela n'empêchait pas, au moyen âge, la présence de puits creusés à même le sol dans la nappe phréatique.

[24] Chiffre de L. Joulin donné par M. Coppolani. - Coppolani op. cit., p. 34 : 30000 h., soit 748 1. par personne (1268 1. à 32000 me); Ph. Wolff, s

Histoire de Toulouse, Toulouse 1958, p. 35 : 10 000 h., soit 2 246 1. par usager (3 200 1. pour 32 000 me). - Il serait intéressant de faire un rapprochement entre la quantité d'eau que recevait la cité antique, sa superficie et le périmètre de son rempart, et de la comparer avec d'autres villes de la Gaule. A titre d'exemple mentionnons

(Cf., Alex Albenque, Les Butènes, études d'histoire, diwrchéologie et de toponymie gaM- romaine, Rodez, 1948, pp. 194 202; Adr. Blanchet Les enceintes °' romaines de la Gaule, Paris, 1907 p. 283; Marcel Clouet, L'aqueduc gallo- romain de Saintes, extrait de la Relme de ,Saintonge et Aunis, 1940, Luçon, 1941, p. 44.

Albert Grenier, Manuel d'archéologie gallo- romaine, t. I, Paris, 1931, pp. 356, 420; C. Jullian, Hisdoire de la Gaule, t. 4, Paris, 1914, pp. 36 et 37, notes; Maurice Toussaint Metz à l'époque galo- romaine, dans Anmmire Soc. hist. arch. Lorraine t. 49, 1948, pp. 165, 172). - On peut se faire enfin une idée de la densité de population à l'aide des chiffres donnés soit par Ferdinand Lot 200 à 250 h. à l'hectare (cf., Ferdinand Lot, Las Gaude, les fondements ethniques..., Paris, 1947, p. 398), ou de Camille Jullian, 500 h. pour la même superficie (cité par Albenque, op. cit., p. 194). Ce dernier chiffre paraît peu probable.

[25] Germain de Montauzan, op. cit., pp. 340, 383- 384.

[26] M. Broëns, Essai de topographie antique de Toulouse, Extrait des gém. présentés par divers savants à l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, t. 4, 2' part., Paris, 1931, p. 14, profondeur du sol antique « varie de 3 m 50 à5 m » ; Coppolani, op. cit.. p. 13, parle de vestiges d'occupation humaine allant jusqu'à 4 m place Esquirol; Madeleine Favre, Quelques vestiges gallo- romains place des Carmes à Toulouse, dans Bull. arch. SM.S.P., n° 1 (1961), poterie gallo- romaine à 2 m 86 rue des Polinaires; Michel Labrousse, Sous les pavés toulousains, dans Annales publiées par la Faculté des Letttres de Toulouse, Panas 11, 1954, p. 129, note 25, place du Capitole sol antique à 3 m 40; Wolff, op, oit., p. 29, niveau romain entre 3 m 50 et 5 m. - Quelques références plus anciennes. - Al. Dumège, Note sur quelques monuments antiques découverts récemment à Toulouse, dans Mém. acad. scien. Toulouse, 3° s., t. 6, 1850, pp. 26­27, « On a trouvé le sol romain a plus de quatre mètres de profondeur » près de la porte Saint- Etienne, des rues des Arts et Montardy; Id., dans ibid., on a remarqué une mosaïque à cubes noirs bordés de blanc à plus de 4 m de pro­fondeur rue Clémence- Isaure; J. de Malafosse, Le château Narbonnais..., dans Rev. Pyrénées, t. 8, 1896, p. 351, « aux environs de 4 mètres, les débris romains apparaissent » ; De Sevin, L'amphithéâtre de Toulouse, dans Mém. soc. arch. Midi, t. 11, 1874- 1879 p. 343, note 4, dit : « L'ancienne ville romaine est à 4 m au- dessous du sol actuel » ; Mém. acad. scien... Toulouse, 'S° s., t. 2, 1858, p. 481, on a relevé une mosaïque antique rue Peyrolière à 3 m de profondeur avec cubes de marbre blanc et noir de diverses grandeurs; Bull. soc. arch. Midi, 25 nov. 1873 p. 104, découverte d'une mosaïque antique sous l'ancien hôtel Daran rue Bouquière à 3 m 50 environ de profondeur. Enfin Mr P. Fort, notes

11 juillet et 8 août 1947, remarque des cubes de marbre poli sur deux faces à plus de 3 m 50 de profondeur dans l'immeuble sis n° 18, rue de Metz. - La mention de ces mosaïques paraît fort précieuse, nous serions certainement là au niveau du sol romain.

[27] Il s'agit ici d'un chiffre théorique.

[28] Broëns, op. c%t., p. 21.

[29] 29. La partie ancienne de la cité se trouve sur une légère élévation déli­mitée par les remparts dont les points extrêmes sont approximativement, au nord : hôpital Larrey, lycée de garçons Pierre- de- Fermat, place du Capitole et rue Maurice- Fonvielle; au sud : rue des Renforts, Palais de justice et rue Laviguerie; à l'est : les rues du Rempart- Saint- Étienne, Bida et la place Saint- Jacques; à l'ouest : la Garonne.

Au centre de la ville existe un plateau qu'indique une courbe légèrement supérieure à 145 m suivant l'axe nord- sud de la rue Saint- Rome à la rue des Fleurs. Cette ligne correspond sensiblement au cardo major défini par les rues Saint- Rome, des Changes, des Filatiers, côté ouest de la place des Carmes et rue Pharaon. Soit approximativement une longueur de 900 m sur 300 m de large. Au centre se trouve le bombement formé par la place Esquirol et la ,place Rouaix. Le reste de la cité se situe autour de ce mamelon entre une altitude de 143 à 145 m : 143 m 20 place de la Daurade, 143 m 50 le Jardin Royal, 144 m la Dalbade, 144 m 50 place du Salin, 145 m rue Pierre- Brunières, etc.

[30] 30. C'est généralement le cas, par exemple, le long des remparts où l'habitat aurait été probablement moins dense. - Contre certaines parties de la muraille est (rue du Rempart- Saint- Étienne) le sol antique ne descend guère à plus de 2 m c'est ce que nous avons observé lors des travaux du tout- à- l'égout en octobre 1963, où au pied du mur nord de la tour polygonale, se trouvait un dépo­toir de céramique. Au centre de la ville, au contraire, on peut apercevoir les premiers éléments gallo- romains aux environs de 2 m '50. Courant septembre­octobre 1963, il a été remarqué à cette profondeur des substructions de nature antique (ciment rose, marbre) dans la rue Baour- Lormian près de la rue de la Barutte (5 m) et dans une tranchée pratiquée au sud- est de la place Saint- Pan taléon. Même remarque de M. P. Salies dans la rue Genty- Magre (à 5 m de la rue Alsace- Lorraine), au début novembre 1963, où il a observé quatre fragments de tuiles à rebord provenant d'une tranchée de 2 m 50 de profondeur. Rue de la Pomme entre la rue Alsace et rue de la Barutte (2 m), a été mis au jour un oatillus de meule à 2 m 60. Rue de la Pomme encore et en face la rue Saint­Pantaléon, un débris d'imbrex aux environs de 2 m 70. Place de la Trinité, apparition également de débris antiques à 2 m 50 (cf., G. Villeval Quelques vestiges gallo- romains à travers les rues de Toulouse, dans Bull. arch. 3.M.S.P., n° 3, pp. 19- 20).

[31] Germain de Montauzan, op. cit., p. 172.

[32] Histoire Tolosaine, 1556, p. 69.

[33] R. Corraze, Lardenne, Gardiage de Toulouse, Toulouse, 1939, p. 19 et carte de Cassini : Lardenne haute et basse n° 5.

[34] Grenier, op. cit., t. 4, I, Paris, 1960, pp. 193 et 198.

[35] Soit 18 sources : Belle- Fontaine 4, 2,41 1. s.; Ecole d’Enseignement Ménager, 65, rue Lalanne (Clairfont) 1, 0,9 1. s.; Fontaine- Château, Domaine des Fontaines (O.N.I.A.), rue H: Desbals 5, 8 1. s.; Château Reynery 2, 1,13 1. s.; Le Mirail 7, 38 l.s. - Au début du xix siècle ces mêmes domaines fournissaient 34,7 1. s. - 'exploitation domestique se trouve de nos jours réduite. – A compléter par les notes 39 et 43.

[36] Corraze, op. cit., p. 336; D'Aubuisson de Voisins, Histoire de l'établisse­ment des Ponearines ia Toulouse, dans Hist. Mém. acad. scienc... Toulouse, t. 2, 1"° part., 1830, p. 329; voir aussi carte de Cassini.

[37] Bull. soc. arch. Midi, t. 21- 28, 1898- 1901, séance des 13 fév. 1900, pp. 92- 33.

[38] Historia Tolosae, 1718, fol. 185 (Ms. 1254, B. municip. Toulouse).

[39] Nous avons relevé un total de 5 sources : 98, chemin du Mirail, Foyer de l'Enfance 1, 1,66 1. s.; 100, chemin du Mirail 3, 4,03 1. s.; Ouvriers charcu­tiers réunis 1, 3 1. s., soit au total 8,69 1. s. sur une distance de 600 mètres.

[40] Archives départementales de la Haute- Garonne, Dmiunade, n° 151.

[41] Chacun mesure 4 mètres de long, l'un forme un bloc d'une hauteur et épaisseur de 0 m 90. Ces soubassements d'une solidité remarquable servent de fondations à l'entrepôt. Ils sont façonnés de rangées de tuileaux. Quelques briques présentent 0 m 40 de long, 0 m 27 de large et 0 m 048 d'épaisseur. Les joints ont 0 m 02 de moyenne. Entre plusieurs assises on rencontre 0 m 20 de mortier composé de chaux, de sable et de galets. Un enduit rose de 0 m 02 à 0 m 03 recouvre le mur est- ouest, tandis que la partie nord- sud supporte une couche de 0 m 20 de ciment de brique pilée.

[42] Catel, Mémoires de l'Histoire du Languedoc, Toulouse, 1832, pp. 126- 127; Al. Dumège, Mémoire sur les monuments romains attribués, dans Toulouse, à la Reine aux pieds d'oie..., dans Mém. acad. xien... Toulouse, 3° s., t. 3, 1847, p. 170; De Montégut, Recherches sur les antiquités de Toulouse, dans ibid., t. I, 1782, sy p. 87; De Saget, Mémoire au sujet des Bains de Régine Pédauque, mémoire du 24 mars 1768, dans Mém. copiés acad. scien... Toulouse, t. 7- 8, fol. 422. – Les travaux de terrassements pour la future rocade risquent de nous révéler quel­ques données supplémentaires.

[43] Corraze, op. cit., p. 32. - Nous exprimons nos plus sincères remerciements à Mme Castaigne pour les observations qu'elle nous a permis de faire dans le parc de la propriété (71, avenue de Lardenne). - De Bourrassol à la Cépière nous avons relevé 11 sources : « Les Sources » 4, 3 1.s.; Usine vidange et engrais 2 stations de pompage, 9,41 1. s.; la Cépière 4 sources, 17,5 1. s. soit un total de 29,91 1. s. sur une distance de 850 m environ.

[44] D'Aubuisson de Voisins, art. cit., pp. 191, 329.

[45] Corraze, ibid., p. 28.

[46] Mandoul, op. cit., p. 59.

[47] Daurade, n° 151, plan.

[48] Mandoul, ibid., p. 30.

[49] Dumège, art. cit., p. 170.

[50] D'Aubuisson de Voisins, art. cit., p. 161.

[51]   Corraze, op. cit., p. 32. - Nous ignorons la raison pour laquelle l'aqueduc décrivait un tracé légèrement courbe. On constate cependant que le terrain est légèrement plus élevé en amont. D'autre part, si l'on retient l’hypothèse de M. Pierre Salies selon laquelle un bras de la Garonne aurait pu traverser le quartier ouest de Saint- Cyprien à l'époque romaine, la forme de l'aqueduc devait légèrement augmenter la force de résistance à l'eau (P. Salies, Vues nouvelles sur la topographie antique de Toulouse, Société archéologique, séance du mardi 23 avril 1963). Plus simplement il s'agirait d'une construction ,dont la dispo­sition a été suggérée en prévision ou à la suite de fortes crues. On remarque une moyenne de trois inondations par siècle, soit au moins vingt- quatre du XII° au XIX° s. (cf., Th. Astrié, Le drame de l'inondation à Toulouse, Paris- Toulouse, 1875, pp. 24 sv.). - Le pont du Gard présente une légère convexité vers l'amont (cf. Espérandieu, op. cit., p. 441).

[52] Dumège, art. cit., p. 171; J. Chalande, Aqueduc romain de la Régine, dans Bull. soc. arch. Midi, n° 42, 1913- 1914, p. 172; Daurade, n° 151, plans de la Cépière; E. Roschach, Histoire générale du Langiuedoc, t. 13, Toulouse, 1905, p. 193.

[53] Antoine Soulier de Saint- Ander dit, en 1703, que l'aqueduc avait 2 000 toises de long (3 898 m) soutenu par 800 arcades. Il s'agit ici du parcours entre la Cépière et l'arrivée après le Pont Neuf (cf., D'Aubuisson de Voisins, ibid.) ; Laupies, Mémoire sur le choix du meilleur projet à adopter pour la construction des fontaines dans la ville de Toulouse, séance du 20 juillet 1809, dans Mém. copiés acad. sciences... Toulouse, t. I, fol. 99.

[54] Esquié, Note sur des constructions anciennes récemment nuises à décou­vert dam la 147.1e de Toulouse, dans Mém. acad. scien... Toulouse, T s., t. 3, 1871, p. 320, note 1.

[55] Il possédait des socles probablement de 2 m de large sur 2 m 80 de long, l'orientation devait être nord- sud dans le sens de la longueur (cf., Chalande, ibid.; Id., L'aqueduc romain de Régine Pédauque, dans Journal de Toulouse, 27 mars 1921).

[56] Ces soubassements sont construits d'une maçonnerie de galets et de mortier de chaux très dur. Dimensions approximatives : longueur, le long de la tranchée, 1 m 80; hauteur, 1 m; arase supérieure à 0 m 80 au- dessous du sol de la rue; distance d'axe à axe (non mesurée) de l'ordre de 4 m 50 à 5 m.

[57] Chalande, L'aqueduc romain de Régine Pédauque, dans Journal de Tou­louse...; Esquié, art. cit., ibid.; voir aussi Ms. 1167, Bibliothèq. municip. Toulouse (dessin en couleur). - B. Dupuis du Grez, mentionne la présence de ce mur, dans Histoire de Toulouse, 1713, fol. 121, Ms. 1253, B. municip. Toulouse.

[58] Trois principes guidaient les architectes romains dans la construction d'un édifice public : « ratio firmitatis, utilitatis, venustatis », Vitruve, I, 3.

[59] Ce mur, retrouvé en 1866, d'une longueur de 28 m, 3 m environ d'épais­seur et 8 m de haut n'a rien d'extraordinaire, pour ne citer que deux exemples, la citerne de Barbegal à Arles avait près de 40 m de long sur 12 m de large (cf., L: A. Constans, Arles antique, Paris, 1921, pp. 387- 388 et pl.); le réservoir de l'aqueduc de Gier, à Fourvière (Lyon), avait 23 m de long et 15 m 10 de largeur- (cf., Germain de Montauzan, op. cit., p. 319).

[60] Al. Dumège, Histoire des Institutions... de la ville de Toulouse, t. I, Toulouse, Chapelle, 1846, p. 46 et t. 4, p. 124; Id., Mém. sur les monuments. pp. 167, 171.

[61] L'élévation donnée ci- dessus est une hauteur théorique. Ces dimensions ont pour but simplement de déterminer un ordre de grandeur possible. - Le Pont- Neuf, à sa partie la plus haute de la chaussée, est à 15 m au- dessus du niveau de l'eau. - 11 est probable que l'étiage de la Garonne, à l'époque gallo­romaine, se trouvait sensiblement plus élevé que le niveau actuel. Le fleuve a creusé son lit; nous sommes dans un régime partiellement torrentiel. Cependant avec les chaussées des moulins du Château et du Bazacle, il semble que l'affouillement ait considérablement diminué par un apport de gravier et de sable, dûs au ralentissement du courant (cf., G. Astre, Le pont de pierre de Toulouse, son sous- sol et ses matériaux, d'après les remplètements de 1937, dans Hull. soc. mrch. Midi, 3" s., t. 3, 1937- 1939, séance du 22 mars 1938, pp. 62- 63; Id.'. Le pont de pierre... d'après les rempiètements de 1940 à 1945, 3° s., t. 5, 1942- 1945, séance du 26 juin 1945, p. 512).

Compte tenu des différentes mesures relevées au sujet de l'aqueduc, nous donnons sous forme de tableau quelques indications de différents ponts- aqueducs pouvant se rapprocher des dimensions du pont toulousain supposé

Piles Cuvette

Diamètre - - - Epaisseur

aqueducs Haut. des Larg. Long. au g. Larg. Haut. de la

ouvertures de face sommet voùte

Arles 10 m 00 4,50 2,80 2,20 2,50 0,97 1,50

Lyon 1,90

Gier à des Granges 8 m 7,80 0,56 1,65 0,60 5,68 ou 5,70

a

Chaponost 15 m 3,95 à 4,60 2 travées 1,80 1,80 et 2,50 et 2,30

Nimes Pont du Gard 48 m 77 24,52 à 4,80 4,80 6,36 3,60 1,20 1,85 0,35 à 2,20 à 3,06

Rome Maroia 9 m 20 4,72 2,65 1,47 1,47 0,74 1,67

(cf., Espérandieu, op. cit., p. 44; Germain de Montauzan, op. ait.., pp. 113, 124, 252).

[62] Dumège, Histoire des Institutions..., t. 4, p. 233: Coppolani, op. cit., p. 25; Ramet, op. cit., p. 19.

[63] Broëns, op. cit., pl. II (temple); Coppolani, op. oit., p. 27 (forum); Esquié, art. cit., ibid. (théâtre [réservoir], thermes); Wolff, op. cit., p. 34 (Capitole), voir aussi in fine carte Toulouse antique. - Pour le réservoir, place Rouaix, cf., texte plus bas. - Une série de monuments seraient également situés le long de la Garonne.

[64] Il semble qu'il y ait eu dans des quartiers du centre, en particulier, des adaptations réalisées sur un habitat relativement plus ancien. Les architectes et les urbanistes romains se conformaient habituellement à la nature, aux tracés et respectaient la tradition. C'est une remarquable tactique et une excellente politique à l'égard des cités latines (cf., R. Étienne Le qwmrtier tuord- est de Volubilis, texte, Paris, 1960, p. 12; Grenier, op, oit., t. 3, 1, Paris, 1958, pp. 90, 92, 96; Jullian, op. cit., t. 4, 1920, pp. 318- 319; J. Sautel, Vaison dam l'antiquité, Histoire et description de la cité, t. 1, Avignon, 1941, pp. 37- 38)- . Les ingénieurs auraient progressivement aménagé leur plan en quadrillage, dans l'édilication de la ville, selon un ensemble préexistant dont l'origine pourrait se situer du côté de l'école des Beaux- Arts (le capitoulat de la Daurade a toujours eu le pas sur les autres, il y aurait peut- être là quelque indication d'une prééminence ori­ginelle; cf., Malafosse, Le château Marbonnais..., dans Rev. Pyrénées, t. 8, 1896, p. 359) comme le prouverait, entre autres, la situation privilégiée du lieu su bord du fleuve et le départ en éventail de certaines voies : les rues Clémence­Isaure, Tripière, du May... pour la partie nord, les rues de l'Écharpe (le théâtre ne se trouverait- il pas dans le sous- sol de cette même rue? A priori il ne le

semble pas), des Marchands de la Trinité, des Couteliers en direction du sud (cf., Salies, Vues nouvelles...). Nous ajouterions volontiers à ce point névralgi­que les rues... Gambetta; ... des Blanchers, d'autre part.

Ces données nous aideraient à mieux préciser certains autres points de la topographie antique de la ville, tel par exemple. le théâtre cité plus haut et sup­posé en partie sous la rue Peyrolière, serait à une croisée de chemins, ce qui convient à un lieu de spectacle. - La présence de « l'aqueduc- passage » aurait, en outre. permis un déplacement du franchissement de la Garonne vers l'amont, car ce passage aurait été localisé primitivement près de la Daurade comme le supposerait, entre autres, la jonction des rues précitées. Il s'agit là d'un développement des voies à l'intérieur de la cité dont l'épanouissement final (échi­quier) pourrait être d'une époque relativement tardive. C'est ainsi que les portes des entrées à l'intérieur de la ville ne seraient pas nécessairement ordonnées

selon les axes du quadrillage, mais plutôt, semble- t- il, d'après des voies plus anciennes. Des égouts (près de la porte Montgaillard, de la Barutte (?) que nous mentionnerons) se trouveraient sous des chemins probablement celtiques.

- Indiquons enfin que les villes indigènes parvenues au titre de colonies latines se caractérisent par de vastes enceintes, les fortifications protègent la cité et les habitations de l'agglomération (cf., P: M. Duval, Cherchel et Tipiasa..., Paris, 1946, p. 145; Grenier, op. cit., t. 1, p. 357). Ainsi s'expliquerait, pour une part, l'étendue des remparts toulousains et comme nous le verrons, l'emplacement du castellum divisorimm à la place Rouaix, entre de ce même ensemble.

[65] Coppolani, op. cit., pp. 50, 55, fig. 7; Et. Delaruelle, Tue, capitale wisigothique et son renupart, dans Anales du Midi; t. 67, n° 31, juillet 1955, p. 208; Wolff, op. oit., in fine, carte 2, Croissance de Toulouse...

[66] J. Chalande, Le quai de Tounis, dans Journal de Toulouse, 27 avril 1924; Coppolani, op. oit., p. 25; Dumège, Histoire des Institutions..., t. 4, p. 233.

[67] J. Chalande, Histoire des rues de Toulouse, Capitoulat du Pont- Vieux, dans Mém. acad. scien... Toulouse, 11° s., t. 6, 1918, p. 228; Id., L'amphithéàtre­ réservoir du Pont- Vieux, dans Journal de Toulouse, 3 avril 1921; Esquié, art. cit., p. 320.

[68] Grenier, op. cit., t. 3, 2, Paris, 1958, p. 667- 668; Wolff, op. cit., p. 34; E: H. Guitard, Sous le quartier de la Daurade un vaste monument antique... dans La Dépëche du Midi, 18 et 22 fév. 1958, parle d'un amphithéâtre.

[69] Il est bon de comparer les données d'Esquié avec Grenier, op. cit., t. 4, 2, pp. 667- 668; voir aussi ce qui concerne les théâtres.

[70] Grenier, op. crot., t. 3, 2, p. 627; Id., t. 4, 1, p. 87, 140.

[71] Nous donnons une reproduction de la clef de voûte de ce massif, les travaux projetés d'urbanisme risquent de la voir disparaître pour toujours. - J. Chalande, La première arche du Povt- Vieux, dans Bull. soc. Arch... Midi, t. 42-­43, 1914, pp. 327- 330; R. Mesuret, Evocation du Vieux Toulouse, Toulouse, 1960, p. 387.

L'arche se situe au premier tournant de la rue en venant de la rue des Couteliers; la clef de voûte se trouve à 28 m environ de cette dernière. Grâce à l'amabilité de M. le Docteur Calvet nous avons reconnu cette arche qu'avait aperçu Chalande. Elle se situe dans une cave de l'immeuble n° 51, rue des Couteliers, à 3 m sous le sol de la rue de la Descente- de- l'Ancienne Halle... L'observation de Chalande s'avère exacte. A mentionner cependant une clef de voûte formée de trois rangées de calcaire miliolithe. Les moellons du centre sont sensiblement carrés : 0 m 30 X 0 m 25, les deux autres rectangulaires : 0 m 60 ou 0 m 53 X 0 m 15. Sur la voûte on observe, entre autres, des blocs allant jusqu'à 0 m 60 de côté et un autre 1 m 40 X 0 m 25. Ajoutons enfin que certaines de ces pierres et briques paraissent d'origine antique, il s'agirait d'un remploi (cf. J. Chalande, Histoire des rues de Toulouse, le Pont- Vieux, dans Mém. acad. scien... Toulouse, 11° s., t. 3, 1915, n° 64, p. 155.

Nous avons, en outre, remarqué chez M. Ch.- G. Sicre, au Pont- Neuf, à la dernière cave contre le mur de la dite rue de l’Ancienne- Descente- de- la- Halle..., l'emplacement d'un mur en briques dont il reste un pan relativement important. Ce mur se trouvait orienté nord- sud d'une épaisseur de 2 m à 2 m 50 et d'une longueur approximative de 5 à 6 m. Serions- nous en présence d'un reste de soubassement de pile?

[72] Cette pile construite en briques se trouvait du côté du cours Dillon à 70 m sur la perpendiculaire de ce dernier mur de l'allée et à 97 m du Pont- Neuf. Elle avait 7 m 10 de large à la base (est- ouest), (les deux plus petits socles des piliers du Pont- Neuf situés à l'ouest mesurent 7 m 30). Ces soubassements d'une hauteur totale de 6 m 95 dépassaient (étiage du fleuve (131 m 78) de 3 m 17. La largeur au sommet n'était plus que de 3 m 50 (cf., Archives des Ponts et Chaussées, dossier dérasement des vestiges des vieux ponts).

[73] Esquié, art. cit., pp. 306- 307, Esquié supposait, semble- t- il, un établisse­ment de nature hydraulique; Broëns affirme que ces soubassements faisaient partie intégrante du théâtre, op. cit, p. 19.

[74] Arch. dép., E 473 et 474. - Chalande identifie l'emplacement de cette citerne avec les soubassements de l'amphithéâtre destinés à recevoir les eaux pluviales (cf., Histoire des Rues de Toulouse, L'amphithéâtre du Pont- Vieux, dans Mém. acad. scien... Toulouse, 11° a., t. 6, 1918, p. 233; Id., L'amphithéâtre ­réservoir...). - - P. Salies, Le grand incendie de Toulouse de 1463, dans Mém. soc. arch., ibid., pp. 140, n° 7 et 142, n° 18.

[75] J. Chalande, ibid.; Id., La création de la place du Pont au XVII° s., dans Journal de Toulouse, 12 nov. 1922; Ch.- G. Sicre, Solide comme le Pont- Neuf de Toulouse, Toulouse, 1956, p. 17.

[76] J. Chalande, La place Rouaix, dans Journal de Toulouse, 2 sept. 1923. - Le moyen âge aurait gardé le souvenir du procédé antique, acheminer l'eau sur la place pour utiliser ensuite le dénivellement du terrain et desservir le quartier. Ainsi nous savons grâce au cartulaire de Saint- Sernin que l'eau de la place Rouaix coule à vue par pente naturelle et vient alimenter des particuliers vers Croix- Baragnon (cf., P. Salies, Sur quelques points d'histoire toulousaine, dans Extrait des Mém. acad. scien... Toulouse, 14° s., t. 1, 1960, p. 190).

[77] Bull. soc. arch. Midi séance 30 déc. 1902 pp. 223- 224; ibid., 13 jan­vier 1903 pp. 227- 228 ibid. 11 avril 1905, p. 304; ulules de Lahondès, Les Monuments de Toulouse„,, Toulouse, 1920 p. 13. - Non loin de la place

Rouaix, lors des travaux du tout- à- l'égout courant 1960- 1961, M. Raynaud (3, place de la Trinité) a aperçu à la jonction des rues des Filatiers et des Mar­chands, dans une tranchée de 3 m 50 de profondeur, un mur de nature très compacte composé d'un blocage de galets roulés et de 1 m 50 environ d'épais­seur. Ce massif avait une orientation est- ouest (Pont- Neuf - rue des Tourneurs). Il pourrait s'agir du mur de soutènement de l'aqueduc.

[78] Blanchet, op, cit., p, 158, fig., (Bourges); Desguine, op, cit., pp, 6 et 25, fig. (Lutèce); P.- M. Duval, Paris antique, Paris 1861, pp, 176- 177 ; R. Etienne, Bordeaux antique, Bordeaux, 1962, carte 11; Grenier, op. cit., t. 3, 1, p. 146, fig. (Nimes), p.160 (Arles) et fig.36 p.227, fig (Lyon), p.236, fig. (Autun) ; Toussaint, op. cit. p.176 (Metz).

[79] 79. U. Vitry, Note sur un ancien aqueduc existant sous les maisons de la rue des Changes, à Toulouse, dans Mém. acad... Toulouse, 3° s., t. 5, 1849, pp. 275 sv.

[80] 80. Esquié, Assainissement de la ville de Toulouse, observations sur ses égouts anciens et modernes, dans Mém. ibid., 6a s., t. 4, 1866, p. 218.

[81] 81. Id., Note sur des constructions anciennes..., aibid., 7` S., t. 3, 1871, pp. 304- 305.

[82] 82. Id., Asmv4nimement..., p. 219; Grenier, op. cit., t. 4, 1, p. 106.

[83] 83. Ce dernier rencontrerait une source (ce que laisse entendre Vitry) dont le courant devait emporter les eaux usées. Cette remarque permet de constater que les ingénieurs romains ont capté parfois les eaux souterraines pour évacuer les immondices. - Malgré cela quelques doutes subsistent sur la fonction exacte de cet égout. On voit mal la raison de son écoulement en direction du sud. Il ne semble pas, d'autre part, que nous soyons en présence d'un aqueduc chargé de recueillir l'eau potable en provenance de la direction du Capitole et destiné àalimenter la ville (cf., De Saget, Mémoire sur un regard £aqueduc découvert en 1753 dans um maison près de la Pierre appartenant à M' Bertrand, 10 mars 1768, dans Mém. copiés aoad. scier... Toulouse, t. 7- 8, fol. 417). - Ces ouvrages, sur lesquels on a branché des conduites secondaires, furent utilisés à nouveau à des époques tardives, probablement au moyen âge (cf., Laupies, Mémoire concernant le projet de construction d'une fontaine sur le port de Za Daurade, le 20 juin 1811, dans Mém. copiés..., t. 10, fol. 291).

[84] 84. Belgrand, op. cit., p. 75; Frontin, 106.

[85] 85. Vitry, art. cit., p. 278, note 1.

[86] 86. Laupies, Mdm. eancernmnrt le projet..., fol. 292.

[87] 87. J. Guibal, Note sur un ancien aqueduc, dans Annuaire scien... Tou­louse, 1858, p. 23; Esquié, Note sur, des constructions..., pp. 304- 305.

[88] 88. Vitry, ibid.

[89] 89. Frontin, 112; Grenier, op. cit., p. 39.

[90] 90. Albenque, op. cit., pp. 202- 203; Grenier, op. cit., pp. 30- 32.

[91] 91. Frontin, 115; Germain de Montauzan, cap. cit., p. 355.

[92] 92. De Lapasse, Les antiquités trouvées sous les fondations du Palais du maréchal, dans Mém. arch. Midi, t. 8, 18M, p. 349.

[93] 93. Esquié, Assainissement de la ville âe Toulouse..., p. 219.

[94] 94. Broëns, op. cit., p. 24; Guibal, art. cit., p. 23; H. Ramet, Histoire de Toulouse, Toulouse, 1935, p. 21.

[95] 95. De Lapasse, art. cit., ibid.

[96] 96. Grenier, op. cit., t. 4, I, pp. 51, 88.

[97] 97. L'eau. de Lardenne s'aurait pas été la seule à subvenir aux besoins des citadins durant la période antique.

Les Romains auraient capté des sources provenant du sol même de la ville, telle la conduite située « vers le milieu du port de la Daurade »; la présence même d'une citerne ne serait pas .à exclure à priori (cf., Mém, ces. scier... Toulouse, t. 1 l'° part., 1827, p. 75; Guibal,art. cit., pp. 25- 27; Broëns, op. cit., p. 24, pense plutôt à un cloaque transversal du decswumm).

Le captage des sources à l'intérieur des murs de la cité s'expliquerait non pas tant pour des motifs ou des soucis sanitaires que par des nécessités straté­giqwes. L'armée et la population pourraient s'approvisionner en eau au cas où l'aqueduc serait coupé par l'ennemi. Cette conception chère aux urbanistes grecs a pu inspirer les ingénieurs et les militaires romains (cf., Blanchet, Les enceintes romaines..., p. 280; P.- M. Duval, La vie quotidienne en Gauie... Paris, 1952,

pp. 62- 63 ; L. Homo, Rome impériale et l'urbanimree dans l'antiquité, Paris,

1951, p. 3).

Reconnaissons toutefois que le peu de témoignages que nous possédons ne nous permettent pas d'être affirmatif. Relevons ces indications seulement àtitre d'hypothèses.

Les Gallo- Romains font probablement appel également à la nappe aquifère toute proche mais de moins bonne qualité située à l'est de la ville. Ils canalisent les eaux de Guilheméry .descendant de la butte de Calvinet (cf., Broëns, art. Cid., p. 23). 5 canalisations alimentent Toulouse. Parmi celles- ci deux sont particu­lièrement à mentionner, l'une venant en direction de l'avenue Camille- Pujol (Balma) et l'autre de la Côte- Pavée (Montaudran) (cf., Catel, op. cit., p, 28; Du Rozoi, Annales de la ville de Toulouse, suppl. su t. 4, p, 18; P. Sermet, Mémoire sur une inscription de Tlwiacs, dans Mém. aoad. scieur.... Toulouse, t. 3, 1783, pp. 355 360- 361): Cette dernière aurait amené l'eau de la Béarnaise, conduite que 1 on a aperçue il y a une cinquantaine d'années (vers 1912) près de l'avenue Jean- Rieux entre les rues Barrau et André- Bousquairol(témoignage de M. Raynaud, chef de culture au domaine de Monlong). S'agirait- il là de l'aque­duc retrouvé au moyen âge, que le chapitre de Saint- Mienne avait fait réparer (d'Aubuisson de Voisins, art. cit., p. 163) ? Ces constatations trop fragmentaires né nous autorisent pas encore à donner une réponse affirmative.

La conduite principale a été redécouverte rue de l'Aqueduc, lors des terrasse­ments du tout- à- l'égout en 1958- 1959, par M. Landet, surveillant des travaux àla ville. C'est une construction en briques avec voûte plein cintre et des joints à la chaux vive, non loin à l'ouest de la culée du pont de la S.N.C.F., d'une pro­fondeur totale de 7 m 25 dont l'orientation se trouve est- ouest. La hauteur ,de l'ensemble étant de 4 m 03 et une largeur dans l'oeuvre de 1 m 50; le radier possède 0 m 70 à la base et chaque piédroit 0 m 40 d'épaisseur. - Au Caousou à l'ouest du parc, se trouvent des canalisations relativement importantes.

Il semble que nous soyons là en présence d'aqueducs postérieurs à celui de Lardenne, comme le laissent supposer la pauvreté des matériaux et le type de construction (captation dans la marne et canalisation de briques).

Cette dernière remarque paraît favorable à l'hypothèse de M. Salies selon laquelle l'aqueduc de la Cépière ayant été détruit lors des inondations de la Garonne à la fin de l'Empire, les Gallo- Romains se sont contentés de capter les eaux plus proches. A ce moment l'Hers qui coulait entre les remparts et Guilheméry s'est retiré insensiblement pour prendre son lit actuel. On pouvait alors, sans trop d'inconvénient, amener l'eau en ville (cf., Salies, Vues nou­velles...). - M. G. Astre exclu l'hypothèse de l'arrivée de l'Hers sur Toulouse (cf., Terrains dus seuil de L'Espin&..., dans Full. soc. hiat. rat. Toulouse, t. 97, 1962, pp. 443 sv.). - La configuration et l'étendue de l'enceinte seraient- elles conditionnées par une donnée hydrographique? La muraille, dans certaines parties extérieures, a pû être délimitée par des zones de nature marécageuses (étangs : porte Montgaillard, jardin des Plantes et Sauzat au sud, Deville et du Taur au nord) et alimentées par des eaux de ruissellement (Sauzat), des sources (butte de Calvinet) provenant de la nappe phréatique, captées ensuite pour l'aqueduc (cf., G. Astre, Terrains quatermwérres..., dans Mém. acad. scier..., 11° s., t. 4, 1963, pp. 54- 55; lai., Terrains du sel..., p. 468; B. Dusan, Toulouse, cité lacustre? dans Rev. arch. Midi, t. 1, 1866, pp. 177- 178). L'ensemble de ces données ne seraient pas à négliger si l'on admet en outre que les villes indi­gènes, devenues cités latines, se caractérisent parfois par de vastes enceintes.

[98] 98. Dumège, Mém. sur les monuments._ p. 175.

[99] 99. Trouvailles de monnaies et de céramiques (cf. Baron Desazars, dans Bull. soc. anch. Midi, séance 4 fév. 1890; Galba, t. 13, 1955, pp. 202- 203).

[100] 100. Quelques références : Corraze, op. cif., pp. 23 av., 64; Gadlia, t. 17, 1959, p. 430; Grenier, op. oit., t. 3, 2, pp. 663 av.; J. de Lahondès, Les monuments de Toulouse, Toulouse, 1920 pp. 14- 16; De Sevin, L'amphithéâtre de Toulouse, dans Mém. soc. arch. Midi, t. 11, 1874- 1879, pp. 343- 352, 350 passim. - La beauté du site entre la Garonne et le Touch se .prêtait admirablement à un ensemble d'agré­ment. Chez les Romains les jeux sont liés au phénomène religieux. Les édifices construits pour raison ~de réjouissance, deviennent le complément du sanctuaire. Les citadins et la grande majorité des citoyens de la campagne se retrouvaient loin des soucis quotidiens sur un lieu à la fois de loisir et de dévotion.

[101] Daurade, n° 151.

[102] Traduction Grimal, p. 63 (n" 119).

[103] Frontin, 125.

[104] Id., 119.

[105] Id., 97.

[106] Germain de Montauzan, op. oit., p. 395.

[107] Id., op. cit., pp, 388, 398- 399,

[108] Germain de Montauzan, op. cit., p. 399, note 1; Grimal, op. cit., pp. 99­-100 (n° 155).

[109] 109. Les ouvriers de l'entreprise Banq, courant octobre 1963, ont mis au jour au cours de tranchées (1 m 30 de large) du tout- à- l'égout, d'autres substruc­tions de la tour avec ses deux courtines...

La plupart de ces soubassements se trouvent être sensiblement dans l'axe de la rue du Rempart- Saint- Mienne (au sud de la porte Neuve d'après le plan Tavernier) entre la place Lucas et la rue Delpech en débordant largement sur cette dernière. Ces massifs se dirigent cependant vers la partie est de la voie. On les rencontre à une profondeur moyenne de 0 m 3'5 à 0 m 40. La tour (mur sud au départ de la courtine) se situe à 47 m 60 de la rue Delpech mesure prise dans le prolongement du mur nord- est (côté bd Carnot) de cette même rue. Cette tour est orientée dans un axe O- N- O, E- N- E, suivant un angle environ de 80' par rapport au côté ouest de la rue du Rempart. Le point le plus près de ce côté de la voie est à 4 m 15 dans une tranchée au départ de la face extérieure de la courtine sud. Cette tour présente là à l'ouest de la rue et à la naissance des courtines, deux murs parallèles traversant donc la voie légèrement en diagonale. L'un celui du sud (à 4 m 30 au nord d'un regard d'égout) se dirige vers le trumeau (l'°' étage) du building n° 26 et l'autre, celui du nord, en direction de la porte J. André, confection, n° 28. Leur diamètre interne est de 7 m 80. Un pan de mur de l'extrémité est de ces soubassements, est coupé à 3 m 20 de la voie par le mur mitoyen du building et du magasin de J. André (situé au nord). Du prolongement de la face extérieure de la courtine à ce mur, la tour a une longueur intérieure de 10 m 70. - A 14 m à l'est de la tour se trouve un grand égout collecteur (3 m de large) suivant une direction sud- nord.

Précisons de nouveau qu'il ne s'agit pas ici d'une tour ronde comme on l'a écrit (La Dépêche, 21- 10- 63; La Croix de Toulmoe, 3- 11- 63) mais d'un massif de type polygonal. Cette tour diffère donc nettement de celle qui se trouve par exemple en forme de fer à cheval rue Bida. Par contre, elle ressemble à celle que mentionne le plan de Saget à l'extrémité nord de la rue Saint- Antoine- du- T. Il ne semble pas que cette fortification présente un talon comme l'a aperçu M. P. Fort pour celle dite de la Fonderie au n° 57, boulevard Carnot (Du Mège, Prastibutions de Toulouse, t. 1, p. 56).

Ces substructions épaisses de 1 m 25 (du moins celle du sud visible dans toute sa largeur) sont établies sur des fondations de 0 m 80 à 0 m 92. Elles dépassent latéralement de 0 m 15 (courtines 0 m 20). Comme la partie est de la tour, les soubassements présentent des parements de moellons avec chaînages de briques. A remarquer cette particularité pour le mur sud (les 2 faces), il possède 8 ran­gées de pierres à la partie inférieure des briques pour une hauteur de 0 m 745. L'ensemble de l'autre appareillage n'est que 7 étages de moellons, excepté pour la courtine nord (6 rangs (0 m 59) côté intérieur).

La tour est donc flanquée d8 deux courtines. Le mur nord large de 2 m 35 est visible dans sa partie intérieure sur près de 10 m. B traverse la voie en oblique (S- O, N- E et sensiblement en équerre par rapport à la tour) en direction nard du magasin Bès,. antiquaire, n° 32 et pénètre dans les sous- sols côté nord- est pour trouver un autre mur S- N (à 5 m 20 de la rue, a° 40), ensuite un 2° ressortir àl'entrée nord de la rue du Rempart sur le bd Carnot (station Calter et Maguy coiffure) selon une direction N- N- O. Quant à la courtine sud, de 2 m 40 de large, à sa partie extérieure elle forme su départ de la tour un angle de 75°, se dirige légèrement en diagonale vers le côté S- S- E de la rue du Rempart.

A 43 m 50, près du passage de la rue Delpeeh, elle rencontre une tour ronde (7 étages de pierres (0 m 67) intra muros) et creuse, de 1 m 25 d'épaisseur avec un diamètre extérieur de 10 m 70. Elle se situe entre deux regarda d'égout. L'axe médian est- ouest serait sensiblement déterminé par le prolongement du mur nord- est de la dite rue dont la partie la plus avancée du soubassement antique du côté ouest, est à 4 m 20 du mur de l'hôtel de police n° 17. A cet endroit, à 1 m environ de profondeur, se trouve le seuil d'une porte, flanqué de 6 dalles en calcaire des Petites Pyrénées. L'ouverture est de 1 m 58 de large sur 0 m 56 de profondeur. La pierre du seuil mesure 0 m 15 de haut et une largeur de 0 m 27. De chaque côté an remarque deux ébrasements rectangulaires de 0 m 30 de large. Enfla à l'intérieur, à droite, se devine probablement la crapaudine. - Mention­nons aussi que la courtine de cette dernière tour se continue en direction du S- S- E, elle rencontre à 42 m 71 (environ) une autre tour ronde sous le n° 6 de la rue du Rempart. Les caves de l'immeuble n°° 2 et 4 de M. le dort. Faillèrea jusqu'à la pâtisserie Péchegut, montrent une autre courtine (6 rangées de moel­lons (0 m 69) visible sur 26 m suivant une direction SaS- E. D'autre part, la courtine (7 rangées de pierres (0 m 69) qui provient de la Quincaillerie Moderne, 64, rue dé Metz, traverse cette même voie selon le sens S- E, N- O, pour rejoindre théoriquement le soubassement précédent sur le côté latéral nord de la rue à5 m (environ) à l'est de l'alignement de la façade est de la rue du Rempart et en bordure du magasin Péchegut. A l'intersection supposée, se situerait une autre tour ronde (plan 1842).

Une tour (diam. 9 m environ; épais. 1 m 22) avec sa courtine (9 rangs de moellons (0 m 90) ont été observées lors des travaux de janvier 1964 sur le bd Carnot. La partie sud de cette tour se trouve à 32 m de la rue du Rempart et sensiblement dans le prolongement de la façade est de cette même rue. De là la muraille présente une nouvelle direction O- N- O vers la tour de la Fonderie (observation de M. Fort 27- 8- 49).

La tour du bd Carnot marque la pointe extrême de l'enceinte au N- E de la ville. - L'orientation de la porte Saint- Étienne semble maintenant définie. - Les premières fortifications mentionnées mettent en évidence la pointe la glus avancée vers l'intérieur de la cité. La tour polygonale tranche avec les autres soubassements ronds (creux à la base) de type habituel. - L'un de ces derniers possède encore son seuil de porte. - La dipoaition enfin de celle- là par rapport à ses courtines, nous met en présence d'une remarquable tactique de défense.

[110] 110. De bas en haut, à 0 m 40, 0 m 30, 0 m 22, 0 m 45, 0 m 15, 0 m 55, 0 m 15, 0 m26.

[111] 111. Labrousse, op. cit., Panas Il, p. 136; Id., Recherches..., Collection. Lato­rrwss, vol. LVIH (1962), pp. 904, 925- 926..

[112] 112. Grenier, op. cit., t. 3, I, p. 72.

[113] 113. A titre d'exemple mentionnons les aqueducs du r' et n' siècle

1°' siècle : Antibes (Biot et des Clausonnes), Arles (Caparon), Cimiez (proba­blement Mouraille), Fréjus, Rodez (probablement), Saintes, Vienne.

11' siècle : Aix (Traconnade), Arles (Eygalières), Bavai, Fleury, Lutèce, Metz (T°' ou II•), Sens... Lyon possède 4 aqueducs, le dernier, celui de Gier, se cons­truit sous Hadrien. Rome enfin avec ses 9 grandes conduites, la dernière, Anio Novas, date de 52 après J.- C. (cf., Grenier, op. cit., t. 4, I, pp. 41- 220; Grimal, Les aquedluos..., p. 88, tableau).

[114] 114. Jullian, op. cit., t. 4, Paris, 1914, pp. 471- 472.

[115] Spartianus, Vita Hadriani, XX.

[116] 116. Pline l'Ancien, Histoire Natureile, III, 5, « Oppida Latina » ; Ptolémée, Géograrphie, II, 9 »  « Tolosa colonia ».

[117] 117. Sur 20 villes : 10 ont un aqueduc : Bavai, Fréjus, Lutèce, Metz, Nîmes, Pézenas, Rodez Saintes, Sens et Vieil- Ëvreux; - 5, 2 conduites : Antibes, Arles, Cimiez Die et Vaison; - 2 2 aqueducs : Périgueux et Poitiers. Aix 4, Vienne probablement 5 et Lyon 6 (cf., Grenier, op. cit., t. 4, pp. 41- 220).

[118] Labrousse, Recherches et hypothèses..., p. 925.

[119] 119. Wolff, op. cit., pp. 32- 33.

[120] 120. Desguine, op. cit., p. 16. Remarquons que l'appareillage des remparts de Toulouse se rapproche particulièrement du petit appareil de l'amphithéâtre de Bordeaux que M. R. '9tienne, dans son récent ouvrage (Bordeaux antiqw, 1962, p. 193), date de l'époque sévérienne. La disposition du chaînage toulousain paraît en outre sensiblement mieux agencé que celui des thermes du temple (mur, situé à l'ouest du caldarium) de Lugdurmm Camnremrum; en tout cas, la présentation est meilleure que celle des thermes nord : o"rvurm., tepidarium... Or, selon M. R. Sapène ces derniers étaient déjà détruits en 282- 283 et remon­teraient, semble- t- il, à la fin du II° ou au commencement du m° siècle. Ces don­nées vaudraient également pour le théâtre de Saint- Bertrand (cf., Grenier, op. cit., t. 3, 2 p. 813). L'ensemble de ces remarques seraient à l'avantage des fortifica­tions de Toulouse et permettraient de confirmer par déduction, l'hypothèse de leur ancienneté et à plus forte raison celle de l'aqueduc.

[121] 121. J. Chalande, Histoire des raves de Toulouse, le Pont de Régine Pédauque, dans Mém. aaad, sc%en... Toulouse, 11° s., t. 3, 1915, p. 157, note 1.

[122] 122. De Architectura, I, 4.

[123] 123. Frontin, I.

[124] 124. G. Baccrabère, Stations gallo- romaines dans le Lauragais, dans Mém. soc. arch. Midi, t. 29, pp. 60 sv. Le Lauragais toulousain se trouve largement habité au W siècle, 4bid., p. 54.

[125] 125. Géographie, IV, I, 14; Dom CI. Devic et Dom J. Vaissette, Histoire générale de Languedoc, t. 2, Toulouse, Privat, 1875, n° 117, p. '535 av.

[126] 126. Chorographia, B, 5, a Urbiwm, q- ws iulbet opulenti,%gimm mnt... Tolosa Tectosagun b. - Voir aussi Martial, Épigr., IX, 100, 3; XII, 32, 18.

[127] 127. Germain de Montauzan, op. cit., pp. 368- 370.

[128] 128. Labrousse, ... Pallas.. II, p. 136. - Le calcul donne un chiffre théorique d'un total de 176 470 petits blocs (avec galets) pour les piédroits de la conduite (Monlong - La Cépière), soit près de 100 000 heures de façonnage.

[129] 129. Aix- en- Provence (aqueducs de Traconnade et la Trévaresse) 30 et 20 km; Arles (Baux et E`gygalières) 50 et 35; Bavai, Lutèce, Vieil- Évreux, 20; Fleury, 25; Fréjus, 40; Lutèce 24,607; Lyon (Gier), 75; Metz 22; Nîmes, 50; Rodez, 30; Sceaux, 30 environ) (cf., Dupuis, Aqueduc gaUo- omain de Sceaux, dans Bull. monvnruental, 3' s., t. 9, 1863, p. 151; Desguine, op. cit., p. 5; Grenier, op. eit., t. 4, 1, pp. 41- 214).

[130] 130. Aix- en- Provence (aqueduc de Vauvenargues) et Limiez, 5 km; Antibes (Biot, Cïsusonnea), 4, 10 (environ); Die, 5 à 8 ; Lyon (Mont- d'Or), 15; Périgueux (La Boissière, Grandfont et Le Toulon), 1800 ni, 7 km 2; Poitiers (Basse­Fontaine, Cimeau), 14,E et 12; Sens, 12; Vaison, 9 (cf., Grenier, ibid.).

[131] 131. Nous pensons que cette étude vient à point au moment où les travaux de la Z.U.P. commencent. Le tracé que nous indiquons permet de surveiller la redécouverte du canal en d'autres points de cette partie de Lardenne haute. De nouvelles observations viendront compléter la présente étude.

[132] 132. Nous constatons ce fait également dans la difficulté que nous éprouvons, au cours des travaux d'assainissement dans les faubourgs, à retrouver les che­mins antiques situés au nord et à l'ouest de la ville. Cela signifie que les pavés ou dalles de revêtement ont été utilisés dans des constructions; voir également Baccrabère, art. cit., pp. 59- 60.

[133] Vitruve, De Architectura, V, 1.

 

 

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7 Aout 2013